MINI-BIOGRAPHIES

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Les informations dont nous disposons sont quelques fois très succintes et ne nous permettent pas vraiment de réaliser une fiche biographique conventionnelle. Aussi, nous ajoutons cette série de pages (en ordre alphabétique) pour diffuser les quelques renseignements que nous possédons sur les personnages ne faisant pas l'objet d'une Fiche biographique...









 Yon-Lug

Yon-Lug ("Yon" pour "Lyon" et "Lug" pour "Lugdunum", c’est-à-dire "Lyon") est né Constant Jacquet à Oullins, en banlieue de Lyon, le 4 octobre 1864 pour adopter ce pseudonyme, en 1891, à la demande plus ou moins explicite de François Jacquet, natif lui aussi de Lyon, futur propriétaire du Cabaret des Quat’z Arts, à Montmartre, qui, lui, avait adopté celui de François Trombert.

Voilà pour la petite histoire de son nom.

Destiné à l’architecture, il devint, forcément, sociétaire de l'Alliance Lyrique Lyonnaise afin de chanter dans divers petits établissements de la région, avant de se joindre à une troupe foraine (à titre de dompteur d’ours…) où, retrouvé par la police, il est forcé de retourner à la maison de ses parents (il n’a, alors, que seize ou dix-sept ans) pour, finalement, vers sa vingt-cinquième année rejoindre la troupe du Lyon-d’Or que dirige Trombert en… imitateur de clarinette, ou chanteur d’idioties, ou de satires telles que "La ballade des agents", une de ses premières compositions :

Deux agents étant de service 
Se baladaient nonchalamment
L'un s'app'lait du doux nom d'Sulpice
L'autre Bastien tout simplement.
Tout à coup entendant dans l'ombre
Crier au s'cours, à l'assassin
Les agents n'étant pas en nombre
S'cachèr'nt dans l'coin d'un magasin.
Faut pas s'fair' de bile pour garder la ville
Quand on peut risquer de s'faire attaquer.
Citoyens, la Polic' veille,
Dormez bien sur chaque oreille.

Refrain
Les agents sont de brav's gens
Qui s'baladent, qui s'baladent
Les agents sont de brav's gens
Qui s'baladent tout le temps.
(bis)

Après quelques mois de cette palpitante aventure, il se rend à Grenoble pour présenter son ou ses numéro(s) au Casino local avant de monter à Paris, en 1893 rejoindre, à nouveau Trombert, mais cette-fois-là au Cabaret des Quat’z Arts où il reste cinq ans à monter plusieurs revues en collaboration avec Sécot (Jules Gaston Costé, dit Sécot, un fonctionnaire-rimeur – 1857-1901) : Pour faire chanter (1894), Pour avoir du Son, Pour éviter la Peste (1896), etc.

Après être rentré au Conservatoire de Montmartre en 1898, il chante en même temps au Moulin-Rouge, derrière Marcel Legay, dont il parodie les chansons, tout en créant, au Conservatoire, le Conseil des Ministrels, en collaboration avec Fraigneau (1898).

De là, on le retrouve un peu partout : à Berck-sur-Mer, dans une revue qui s’intitule Ah ! Berck alors ! en collaboration avec Paul Daubry, au Chien-Noir, au Carillon, à Pompadour, à la Guinguette-Fleurie, aux Noctambules, au Vieux-Paris (Exposition de 1900), au Grillon où il s’est transformé en régisseur pour faire représenter Le Roi Ménélancolik, négugus des Abyssinthes, en collaboration avec Numa Blès.

Chantant souvent dans des cages où se trouvent des bêtes fauves (sic), il amuse la galerie, comptant parmi ses succès des choses comme : "Ave, pavé, pavé, Maria", "La vengeance du Bourgeois", "Les Marguilliers de la Cloche de bois", "Montmartre est la Moitié du Monde", "Le Premier Tanneur de France", "Pour faire des Gosses", "Les Palmes académique", "La Guillotine", "La Marche des Douaniers", "Sonneries", "Les Accidents de Chemin de fer", y compris un de ses grands succès qui raconte une aventure "rouge",celle d’un anarchiste qui, ayant trop bu, part à la recherche de sang, allant d’établissements en établissements (Bureau de tabac, lupanar…) avant de se retrouver dans un commissiarat et… une pharmacie. La chanson s’appelle "Les lanternes" et se termine par :

Faut prendr' gard' aux lanternes
Qu'on trouv' sur son chemin,
Faut prendr' gard' aux lanternes:
Ça mèn' chez l' pharmacien !

Un Georgius avant la lettre ?


Yon-Lug est décédé à l’hospice de Brévannes (Limeil-Brévannes) en 1921 non sans avoir laissé son nom à une rue de Pierre-Bénite, une commune adjcacente à celle de sa naissance.





(photo en provenance du site Reynaldo Hahn)



 Zamacoïs, Miguel

Fils d'un peintre espagnol (Edouardo Zamacois, 1841-1871), peintre lui-même, élève de Gérome (Jean-Léon, 1824-1904), bachelier ès lettres, Miguel-Luis-Pascual de Zamacoïs abandonna un jour la peinture pour passer du côté de l'écriture, d'abord fantaisiste, notamment au Chat-Noir, du début de 1895 jusqu'à la mi-96.

Il devint, par la suite, journaliste (le Gaulois, le Figaro...), illustrateur, revuïste (Concert-Européen), romancier, livrettiste, auteur de chansons, dramaturge (une douzaine de pièces de théâtre dont les Bouffons créée par Sarah Berhardt) tout en publiant régulièrement de la poésie.

À son crédit :

Une vingtaine de volumes en tous genres dont des souvenirs qui parurent après sa mort (Pinceaux et stylos - 1948).

Autant de pièces de théâtre - la plupart en vers (sic) - dont L'homme aux dix femmes, une comédie qui fut jouée - tant qu'à y être - au Théâtre Antoine.

Côté livret, on lui doit, entre autres, une adaptation en vers de la comédie de Shakespeare, Le Marchand de Venise, un opéra en 3 actes et 5 tableaux, musique deReynaldo Hahn, créé au Théâtre national de l'Opéra, à Paris, le 29 mars 1935, direction Philippe Gaubert (*).

On lui doit particulièrement un chant héroïque, "La Française", mis en musique par Camille Saint-Saens.

Et qui croyez-vous a composé le célèbre monologue créé par Fernandel et qui porte tout simplement le titre de L'accent...

Miguel Zamacoïs est né à Louveciennes (Seine-et-Oise - aujourd'hui Les Yvelines), en 1866 et est décédé à Paris en 1940.

(*) Le site Musimem mentionne que cette œuvre, peu jouée, a été reprise avec un immense succès, en 1996, à Portland, USA, sous la direction de Marc Trautmann, avec Alain Fondarie dans le rôle de Shylock.