Georgius

Les archers du Roy

1916

Chanson de "cape et d'épée" créée par Georgius en 1916, enregistrée pour la première fois par lui en 1922.

Musique de Léo Guy

Entendre la version intégrale (Ultraphone P-76934 - 1934 - Orchestre dirigé par Pierre Devred) :

 

Paroles

C'était en quatorze cent trente Le vicomte de Malmouché
Allait retrouver son amante
La femme du chef des Archers
Enveloppé d'une sombre cape
Le long des murs il se glissait
Se disant : "Il faut que j'échappe
A la surveillance du guet.
Pour éviter le mari jaloux
Glissons-nous donc à pas de loup."

Refrain
A ce moment
Les Archers du Roy
Quatre par quatre
Passèrent trois par trois
Criant en bran-
dissant leurs hallebardes :
"Malheur aux cu-
rieux qui nous regardent..."
Alors le vicomte
Claquant des dents
S'enfuit encore plus
Silencieusement.
Silencieusement, silencieusement.

Il arriva près de sa blonde
Qui avait les cheveux châtain
Elle lui dit : "mon mari fait sa ronde
On va pouvoir s'aimer un brin."
Pendant une heure ils s'enlacèrent
De joie, ils se mordaient le croupion.
Puis le vicomte lui dit ; "Ma chère
Ça me donne faim, il faut s'taper le tronc.
A table, dit-il, sans retard
Donne-moi le cervelas et l'pinard."

Refrain
A ce moment
Les Archers du Roy
Quatre par six
Passèrent trois par trois
Le vicomte dit :
"Faut pas t'en faire ma p'tite
J'aime ton chat-
eaubriand aux pommes frites.
Je tire un cou-
teau en cas d'événement.
Soupons, soupons
Silencieusement.
Silencieusement, silencieusement.

Mais voilà que la ronde s'arrête
Et le chef des archers du Roy
S'écria en levant la tête :
"Il y a un gigolo chez moi !"
A ce moment, c'était le plus étrange
Sa femme disait à mi-voix :
"Je vous jure vicomte, mon cher ange,
Qu'elle est beaucoup trop grosse pour moi."
(Elle parlait d'une tranche de jambon.
Qu'il n'y est pas de confusions.)

Refrain
A ce moment
Les Archers du Roy
Quatre par neuf
Passèrent trois par trois.
Le pauvre mari cria :
"C'est trop infâme !
Il y a un mec-
réant près de ma femme
En train de baiser
son petit cou d'enfant.
Arrêtons-les
Silencieusement.
Silencieusement, silencieusement.

Les archers dans l'ombre glissèrent
Mais le vicomte les aperçut
Alors il saisi sa rapière en criant :
"Oh cré, v'là l'cocu !"
La femme affolée de détresse
Cria ; "Fuyons vite ce logis"
Mais le vicomte aussi vite reprit :
"Belle gonzesse, oublie tes bigoudis."
Ouvrant la fenêtre en tapinois
Tous deux s'enfuirent par les toits.

Refrain
A ce moment
Les Archers du Roy
Quatre par douze
Fondèrent trois par trois.
Tous s'écrièrent
Ne voyant plus leurs traces,
"Nous sommes des con-
certés par tant d'audace!"
Et comme il faut qu'
une histoire ait un dénouement
Ils partirent définitivement.
Et comme dans un roman
Je m'en vais également,
Silencieusement, silencieusement.