Piano automatique "Brunophone"
Collection Marcel Mino - France




Piano mécanique "Fratelli Pozzi"
Collection Gérard Décoret - France




Piano automatique "Jazz Band Rex"
Collection Gérard Décoret - France




Piano mécanique "Piano ? Orgue ? Mandoline"
Collection Gérard Décoret - France

La musique mecanique


L'autre façon de diffuser la Chanson à la Belle Epoque...

Pour qui ne pratique pas la musique, il existe une alternative : la musique mécanique.
Chanteurs de rues dépourvus de musiciens accompagnateurs, établissements n'ayant pas les moyens d'assumer un ou plusieurs musiciens et "grands mondains" voulant épater la galerie en recevant dans leurs salons...

Ces intruments, se font une belle clientèle !

Les boîtes à musique et autres automates, fort répandus à la fin du XIXème siècle, imitent déjà les instruments de musique et parfois même la voix humaine. Arrivent alors, les pianos et orgues mécaniques.

Ces instruments contribuent, notoirement, à la diffusion de la musique, bien avant l'arrivée du disque. Ils propagent les "nouveautés" parisiennes, un peu partout.


Le piano mécanique

Texte et images de Philippe Beau - Unieux - Loire - France

La petite histoire des pianos mécaniques

Ces appareils appartiennent à la grande famille des instruments de musique dite mécanique. (Appareils capables de jouer une musique de manière autonome ou simplement assistée. Exemple : Boîte à musique, orgue de Barbarie, etc...)
L'invention serait attribuée à l'Italien Muzio Clementi vers 1805, mais, les premiers à voir officiellement le jour sont créés en Angleterre par John Hicks dans les années 1810/1820. A cette époque, ils jouaient des airs de Bach, Mozart, plutôt de la musique de salon.

Leur popularité se développa à la fin du 19ème siècle, d'abord en Italie où, jusqu'au 20ème siècle, on a pu recenser environ 150 fabricants, dont beaucoup localisés dans la région du Piemont. Mais, très vite, la France fabriquera ses propres pianos, les maisons les plus célèbres seront basées à Nice. La plus ancienne est celle de Joseph Nallino, créée en 1872. On peut retenir également les Maisons Amelotti, Tadini et Jules Piano. Très souvent, on trouve le nom du revendeur sur le piano, non pas celui du fabricant, cela peut induire en erreur sur l'origine de l'appareil.

A signaler que ces instruments furent très en vogue en France entre 1890 et 1940, soit pendant environ 50 ans seulement. On peut considérer que la guerre de 1914/1918 sonna le glas de leur fabrication. Même si après on les entend à nouveau égrainer leurs ritournelles, ils seront définitivement détrônés par les premiers pick-up électriques et disparaîtront petit à petit durant la guerre de 1940. Dieu merci, une poignée de rares amateurs, amoureux de ces vieilles mécaniques musicales, sont encore là pour les sauver...

Un peu de technique... Pour ne pas confondre !!

  • Un piano mécanique n'est pas un orgue de Barbarie.
    L'orgue de Barbarie est bien plus ancien (18ème siècle) et même si certains fonctionnent avec un cylindre en bois, ils n'ont pas de corde comme les pianos, mais des anches ou des tuyaux. De plus, ils ont besoin d'air afin de produire des sons.
  • Pianos mécaniques puis automatiques.
    Donc, au départ, les pianos sont purement mécaniques, c'est à dire qu'on les fait fonctionner en tournant à la main une manivelle, située en façade de l'appareil, prolongée d'une vis sans fin. Cela entraîne un cylindre de bois recouvert de clous. Au fil des ans, ils prennent du volume et sont munis d'instruments de percussion accompagnant le chant du piano proprement dit (Grosse caisse, caisse claire, triangle, grelots, sonnailles, wood-block) Ensuite, ils deviennent automatiques, en 1902 (Invention du fabricant italien Ottina et Pellandi de Novara) grâce à un moteur à ressort spiral (Comme dans les réveils ou les phonographes, mais en plus gros) qui, une fois remonté par une manivelle située cette fois sur le côté, puis, déclenché par une pièce de monnaie fait fonctionner le piano. Chaque clou ou picot, 20 000 ou 30 000, judicieusement planté dans le cylindre de bois de peuplier, vient au moment voulu, accrocher un marteau qui ensuite frappe une corde du piano afin d'obtenir le son désiré.
    Si, synchroniser pièces de bois et de métal est déjà un véritable travail d'artiste, la tâche la plus méticuleuse reste bien celle du noteur.

C'est l'homme primordial, qui, se servant d'un cadran et d'un diviseur, marque et désigne avec des repères conventionnels aux ouvriers pointeurs (Tonotechnie), l'emplacement sur le cylindre vierge des deux sortes de pointes à y enfoncer très régulièrement. En fait, chaque clou planté représente une note à jouer. On peut imager ces petites pointes d'acier comme étant les doigts du pianiste qui viendraient frapper les touches d'ivoire... Dans notre liste, nous pouvons éventuellement ajouter les pianos pneumatiques, bien que, plus ressemblants aux orgues ou aux harmoniums de par leur fonctionnement par pompes à air.
Leur jeu peut être manuel ou commandé par le défilement d'un rouleau de papier perforé, le tout est d'une grande complexité technique, alors, c'est une autre histoire...

(Philippe BEAU "Brun, saga d'une famille stéphanoise - Du Brunophone à la lame sonore" Ed. Abatos 2007 - Ouvrage épuisé)

Voir quelques marques de pianos mécaniques ou automatiques.


A visiter

"Espace musique mécanique" Dédié en partie aux pianos mécaniques et automatiques - Oingt en Beaujolais - Rhône - France


A consulter

Le site Forez Info www.forez-info.com Article détaillé sur les pianos automatiques Brun de Saint-Etienne - France. Et larges extraits du livre cité ci-dessus.


Extraits sonores

Toujours avec le concours précieux de Philippe Beau, nous vous proposons l'écoute de plusieurs pièces musicales exécutées par les instruments suivants :

Piano mécanique Fratelli Pozzi
47 marteaux, tout piano, sans autres instruments à l'intérieur, Italie fin 19ème siècle.
Collection Gérard Décoret, France.

"Poveri saltimbanchi" - Valse


"Polka des bambins" - Polka

Piano automatique Brunophone Maison Brun
44 marteaux dont 8 pour les timbres, Saint Etienne, France début 20ème siècle.
Collection Philippe Beau, France.

"Au revoir et merci" - Polka (création Dalbret)


"Souvenir de Nice" - Mazurka

Piano automatique Automatic Piano Paris
51 marteaux pour piano, sonnailles, caisse claire et cymbale, fabriqué à Nice et revendu à Paris par la Maison Automatic Piano, France, début 20ème siècle. Collection Marcel Mino, France.

"On me suit" - One Step
(création Mistinguett)

Piano automatique Jules Piano Nice
46 marteaux pour piano et timbres, fabriqué à Nice par Jules Piano, France, début 20ème siècle.
Collection Marcel Mino, France.

"Fleur d'amour" - Valse

Piano automatique mixte "Le Papillon" (Fonctionnement mécanique ou élec.)
Ets Maillard Dijon.
88 marteaux pour piano, carillon, cymbale, caisse claire, grosse caisse, triangle, wood-bloc, fabriqué par les Ets La Victoire de Blanche-Petit & Goffard à Valenciennes et revendu par les Ets Maillard à Dijon, France, début 20ème siècle.
Collection Gérard Décoret, France.

"Mon amour" - Valse


"Irènella" - Mazurka

Piano automatique Brunophone
46 marteaux dont 8 pour les timbres, Saint Etienne, France début 20ème siècle.
Collection Gérard Décoret, France.

"...Tu verras Montmartre !" One Step
( Lucien Boyer)


"Dans les jardins de l'Alhambra"Scottish
(création Georgel)


"Gloire au 17ème" - One step
(création Montéhus)

Piano automatique Nallino
64 marteaux, fabriqué par la maison Nallino à Nice, France début 20ème siècle.
Collection Gérard Décoret, France.

"Sous les ponts de Paris" - Valse
(création par Georgel)

Piano automatique Harmoniphone
58 marteaux pour piano, triangle, caisse claire et castagnettes. Fabriqué par F. Ebaudy - G. Fortin successeurs de E. Menneson à Reims, France.
Collection Marcel Mino, France.

"Caroline" - Polka (création par Bourvil)


"La valse brune" - Valse
(création par Georges Villard)


Orgue de Barbarie




 

Illustrations extraites du livre
Eugénie Buffet - Des Ambassadeurs au pavé...
par Françoise Giraudet - 2011













Orgue de foire Gavioli

L'orgue mécanique

Actionné par un soufflet, une soufflerie à manivelle ou à moteur (à vapeur autrefois, ou électrique ensuite), voici l'orgue mécanique.

Pour parler simple, comme nous aimons à le faire, nous retiendrons deux catégories d'orgues mécaniques, l'orgue de Barbarie et le Limonaire.


L'orgue de Barbarie

Ainsi appelé, (*) à cause de sa sonorité moins "propre" que celle de l'orgue liturgique ou d'église, il se distingue par sa taille qui en fait un instrument portatif. Il est, par excellence, l'attribut des chanteurs de rues. Compte tenu de sa taille, son registre et les instruments reproduits seront limités.

(*) On attribue aussi l'origine du nom à la déformation de celui de Barberi, fabricant à Modène, en Italie.

Parmi les plus célèbres chanteurs des rues accompagnés d'un orgue de Barbarie, citons Eugénie Buffet que l'on voit notamment dans le mélodrame tourné en 1924 par Charles Burguet (daprès le roman de Xavier de Montépin), La joueuse d'orgue au côté de la petite Régine Dumien.

Extraits sonores

L'incomparable et inimitable...

... dont on peut déguster quelques extraits à cette page...

Et... nos amis de l'association...

... qui proposent quelques unes de leurs œuvres... notamment à cette page.


Le Limonaire

Également dit orgue de foire, c'est un "meuble" imposant et non prévu pour le transport. Il équipait les manèges forains et avait la particularité de "jouer fort" pour attirer le chaland. Il reproduisait le son de plusieurs instruments dont notament, les percussions (caisse claire, cymbales et grosse caisse).

En France, le nom de Limonaire (en référence à la manufacture d'orgues mécaniques Limonaire Frères fondée en 1840) est devenu un terme générique désignant ces grands instruments. C'est une erreur. En effet, d'autres manufacturiers ont créé et produit des instruments de très grande qualité : Gavioli, Gaudin, Mortier, Brüder, Wurlitzer, etc...)

Dans les deux cas, la mélodie (et son accompagnement) est obtenue par le passage de l'air dans des tuyaux d'orgue, en fonction des perforations préalablement réalisées sur un papier ou un carton. Les "partitions" des orgues de Barbarie sont généralement réalisées sur des rouleaux de papier qui se déroulent au gré du tournage de la manivelle. Celles des grands orgue mécaniques, le sont sur des cartes reliées entre elles par un adhésif toilé, et ainsi rangées "en accordéon".

Aujourd'hui, ils sont encore une attraction fort prisée et sont conservés, restaurés par un petit nombre de collectionneurs. La Belgique et les Pays-Bas, pays de forte tradition musicale mécanique, comptent encore de magnifiques grands orgues mécaniques.

Divers festivals ont lieu en France, notamment : Les Gets, Oingt, Plombières-les-Bains, Horgues, Chassiers, Bon-Encontre, Pavilly, Arpajon...

Extraits sonores

Un des succès d'Henri Garat, du film Un mauvais garçon de Jean Boyer (également auteur des paroles) sur une musique de Georges van Parys : (extrait)

"C'est un mauvais garçon" - Orgue Limonaire

Et puis, nous ne résistons pas à vous faire entendre l'extrait suivant, que Maurice Chevalier disait avoir chanté dix mille fois dans sa carrière. D'Albert Willemetz et Henri Christiné : (extrait)

"Valentine" - Orgue Limonaire