Félix Mayol vers 1915

Bou-dou-ba-da-bouh !

1913

Chanson - Paroles de Lucien Boyer et musique d'Albert Valsien

Créée par Mayol.


Paroles

Parmi les Sénégalais
Qu'on fit venir pour la revue
L'jour du Quatorze Juillet
Se trouvait la chose est connue
Un grand gaillard à la peau noire
Aux dents comme l'ivoire
Je vais vous conter son histoire
Dans cette chanson
D'abord voici le nom
De ce brave garçon

Refrain
Y s'app'lait Bou-dou-ba-da-bouh
Y jouait d'la flûte en acajou
Je n'exagèr' pas
C'était l'plus beau gars
De tout' la Nouba
Ah ! Ah !
Quand son régiment défilait
Au son joyeux des flageolets
Le Tout-Tombouctou
Admirait surtout
Celui d'Bou-dou-ba-da-bouh

En se promenant un matin
Au coin d'la ru' du Quatr' Septembre
Il connut un p'tit trottin
Aux cheveux dorés comme l'ambre
Ils s'aimèrent toute une semaine
Mais l'Turco.. pas d'veine
R'partit sur la terre africaine
Ce fut déchirant
Et la bonne enfant
Disait en pleurant

Refrain
Y s'app'lait Bou-dou-ba-da-bouh
Y jouait d'la flûte en acajou
Et voilà qu'il s'en va [variante Je n'exagèr' pas]
Dans le Sahara [variante C'était l'plus beau gars]
Avec la Nouba
Ah ! Ah !
Tout's les femm's sont folles de lui
Et c'qui m'désole c'est qu'aujourd'hui
Cell's de Tombouctou
Doivent faire joujou
Avec Bou-dou-ba-da-bouh

Ell' ne cessait de gémir
Et s'lamentait de son absence
Il faut bien en convenir
L'Turco l'avait prise par les sens
Dans l'affolement de son êre
Elle osa s'permettre
D'écrir' même dans une lettre
À M'sieur Poincarré
J'ai le cœur si navré !
Où est mon adoré ?

Refrain
Y s'app'lait Bou-dou-ba-da-bouh
Y jouait d'la flûte en acajou
Savez-vous oui-da
Quand il reviendra
Avec la Nouba ?
Ah ! Ah !
Il jou' si bien du flageolet
Que si l'État m'payait son billet
J'vais aller, c'est fou
Jusqu'à Tombouctou
R'trouver Bou-dou-ba-da-bouh

Un soldat de la Légion
Un jour vint frapper à sa porte
Bien qu'ell' temblât d'émotion
Ell' se contint et resta forte
Parlez-moi, vite, lui dit-elle !
Voilà... Mad'moiselle...
Je vous apporte des nouvelles
D'un de mes amis
À qui j'ai promis
D'vous dire... c'que... j'vous dis

Refrain
Y s'app'lait Bou-dou-ba-da-bouh
Il fit son devoir jusqu'au bout
Et dans un combat
Il est mort là-bas
Avec la Nouba
Ah ! Ah !
Oui mais en mourant sur son cœur
Il a pris sa bell' croix d'honneur
Mam'zelle c'est pour vous
C'était l'seul bijou
Du pauvr' Bou-dou-ba-da-bouh


Le couplet et le refrain en gris n'ont pas été enregistrés.

Pour en entendre plusieurs versions chantées par Mayol en 1914 et 1932, voir en page Répertoire.