Paul Meurisse

Margot la ventouse

1943

Paroles de Gabriello, musique de G. Gabaroche.

Chanson créée par Paul Meurisse vers 1943, enregistré par lui, en mai de la même année chez Gramophone.

(extrait)


Paroles

Étant une jeune fillette
Elle perdit sa fleur virginale
Quand elle devint la poulette
D'un poseur de chauffage central.
Plus tard elle eut l'âme joyeuse
Car elle entra à Saint-Louis
En qualité de ventouseuse
Elle se crut au paradis.
C'était son rêve sur la terre
D'être une blanche infirmière

On l'appelait Margot la ventouse
Elle avait des yeux de velours.
Elle était p'tite, un peu tartouze
Mais elle chantait la nuit le jour.
Elle devint un soir l'épouse
De Julot l'empereur du faubourg
Et ...
On l'appelait Margot la ventouse.

Julot était un sale apache
On lisait tatoué sur son front :
"Vive Ravachol et mort au vache"
Sur sa fesse gauche : "C't'une opinion"
Il n'aimait que l'pognon des autres
Il portait un chapeau melon
Son œil gauche disait merde à l'autre
C'était un drôle de miroton.
Un soir il dit à Marguerite :
"Sur le trottoir travaille de suite"

On l'appelait Margot la ventouse
Elle avait des yeux de velours
Elle était p'tite un peu tartouze
Mais elle chantait la nuit le jour
Ses deux yeux comme deux ventouses
Attiraient les clients du faubourg
Et ...
On l'appelait Margot la ventouse

Dès lors finit la vie tranquille
Adieu ventouses alcool camphrée
Le soir dans les rues de la grande ville
Elle descend pour s'expliquer
Elle a pris froid c'est une bronchite
A Saint-Louis elle est transportée
On lui pose des ventouses ; la petite
Voir revenir tout son passé.
D'une voix mourante elle fredonne
Cette chanson Dieu lui pardonne

On m'appelait Margot la ventouse
J'avais deux grands yeux de velours
J'était p'tite un peu tartouze
Mais je chantais la nuit le jour
J'maudit l'jour où je devins l'épouse
De Julot l'empereur du faubourg
Et ...
On m'appelait Margot la ventouse.