Adolphe Bérard





Version de Wolff de l'Eldorado

Le moulin de Maître Jean

1911

Chanson créée par Bérard en 1911

Paroles de Marcel Bertal et Marnois, Musique de Charles Borel-Clerc

Extrait


Paroles

Là-bas, là_bas, dans la vallée,
Est le moulin de Maître Jean,
Caché sous la verte feuillée,
Que dore le soleil bienfaisant.
La meunière en est si jolie,
Qu'elle fait le bonheur du meunier,
Et tous deux, la tâche finie,
Sous la passerelle s'en vont rêver.

Refrain
Ecoutez le tic-tac du moulin
Chanter gaiement son doux refrain
Chanson charmante,
Qui les enchante,
Et l'eau qui coule lentement
Est bleue comme le firmament
Tourne, tourne pour les amoureux
Moulin joyeux.

Avec le chatelain du village
Maître Jean dut partir un jour
Pour chasser dans le voisinage,
Se disant : "Je serai bientôt de retour"
Aussi, revint-il à la brume,
Quand soudain, sprectacle effrayant !
Il apreçut au clair de lune,
Sa femme dans les bras d'un amant.

Refrain
Ecoutez le tic-tac du moulin
Chanter son perfide refrain
Chanson cruelle,
Aux infidèles.,
Et l'eau qui coule lentement
Reflète l'image des amants.
Tourne, tourne, au vent du malheur
Moulin trompeur.

Maître Jean pâlissant de haine,
Comme un fou, saisit son fusil,
Et l'on entendit dans la plaine,
Un coup de feu déchirer la nuit.
En écho, deux cris de souffrance,
Et dans une étreinte d'amour,
Les amants, suprême vengeance,
Dans l'eau, s'enfoncèrent pour toujours.

Refrain
Ecoutez le tic-tac du moulin
Chanter son lugubre refrain
Chanson cruelle,
Aux infidèles.,
Et l'eau qui coule lentement
S'en va, toute rouge de sang.
Tourne, tourne, pour les cœurs meurtris,
Moulin maudit