Il s'agit, en fait, d'une sorte de saynète accompagnée d'un roulement au piano et où dialoguent deux époux.
D'où venez-vous, d'où venez-vous donc ?
Mon joli-li Verligodin
D'où venez-vous, d'où venez-vous donc ?
Mon ami doux. |
J'viens d'la foire.
Vous venez de la foire ?
Mais y'a pas de foire !
Mais si parbleu, quoi, y'a-z-une foire ! |
Et que m'avez-vous rapporté ?
Mon joli-li Verligodin
Et que m'avez-vous rapporté ?
Mon ami doux. |
Quat' balais.
Quat' balais ?
J'vois point d'balais.
Mais si parbleu, quoi, quat' balais ! |
Ben où c'est-y que vous les avez mis ?
Mon joli-li Verligodin
Ben où c'est-y que vous les avez mis ?
Mon ami doux. |
Dans un coin.
Dans un coin ?
Mais y'a pas d'coin !
Mais si parbleu, quoi ! y'a-z-un coin ! |
Et mais pourquoi donc vous fâchez-vous ?
Mon joli-li Verligodin
Et mais pourquoi donc vous fâchez-vous ?
Mon ami doux. |
J'suis malade.
Peuh ! Vous êtes malade !
Vous n'êtes point malade.
Mais si parbleu, quoi ! j'suis malade ! |
Eh ben alors alors soignez-vous !
Mon joli-li Verligodin
Eh ben alors alors soignez-vous !
Mon ami doux. |
J'n'ai point l'sou.
Ah ! Vous n'avez point l'sou !
Vous êtes riche comme tout !
Mais non parbleu, quoi, j'ai pas l'sous ! |
Sous vot' matelas y'a plus d'trois cents francs !
Mon joli-li Verligodin
Sous vot' matelas y'a plus d'trois cents francs !
Mon ami doux. |
Mais comment t'le sais ?
Hé ben quoi je l'sais.
Mais j'vois bien que t'le sais !
Eh parbleu quoi eh ben j'le sais ! |
Dame ! Vous nous laissez tous crever de faim
Mon joli-li Verligodin
Dame ! Vous nous laissez tous crever de faim
Mon ami doux. |
Ben c'est mon bien
Quoi ? C'est votre bien ?
Mais c'est-y pas l'mien ?
Mais non parbleu, quoi, c'est mon bien. |
Quand vous mourrez je sais b'en c'qui arrivera
Mon joli-li Verligodin
Ah quand vous mourrez je sais b'en c'qui arrivera
Mon ami doux. |
Quoi ? On m'enterrera !
Ouais, et b'en l'curé ?
Hein ? qu'est-ce qui l'paiera ?
Mais j'men fous, parbleu : on m'enterrera ! |
Savez-vous ce que diront vos enfants ?
Mon joli-li Verligodin
Savez-vous ce que diront vos enfants ?
Mon ami doux. |
Que le vieux est mort, qu'il gueulera plus !
Et b'en z'ont tort : j'gueulerai encore !
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