Hortense Schneider

La  Thérésa des théâtres (comparativement à Thérésa qu'on disait être la Schneider des cafés chantants)
(Mémoires de Thérésa, chapitre 17).

Elle est née à Bordeaux - d'un tailleur originaire de Cologne, Georges Schneider, le 30 avril 1833 (année qu'elle modifia souvent en 1838 et même 1843).

Elle a dix-sept ans lorsqu'elle quitte le foyer familial et son emploi de fleuriste pour... à vingt ans, être remarquée par le directeur du théâtre d'Agen où elle elle restera quand même deux ans avant de monter vers Paris où Berthelier la présente à un jeune musicien du nom de Jacques Offenbach.

Le reste est du domaine de la légende ou de ces biographies plus ou moins complaisantes où l'on insiste peu, sauf pour nommer les plus importants, sur les amants, les fortunes englouties et les frasques.

Sa grande renommée (encore aujourd'hui) vient du fait qu'elle a créé la plupart des grands rôles d'Offenbach dans :  La belle Hélène (1864), Barbe-bleue (1866), La grande duchesse de Gérolstein (1867) et La Périchole (1868).

Son partenaire au théâtre fut nul autre que le ténor belge José Dupuis et quand Paulus parle d'elle, (Mémoires, chap. 2, 7, 9, 11, 16 et 17), c'est toujours avec ravissement quoiqu'il s'est empressé d'écrire, en 1906, alors qu'elle était toujours vivante (elle mourut des années plus tard) :

"[Elle fut la] triomphatrice du second Empire. Sa cour était aussi suivie que celle des Tuileries... et plus amusante. Les souverains, en visite à Paris, s'empressaient d'y accourir, aussitôt les hommages officiels rendus et venaient quêter, de la belle étoile, un sourire... et le reste. Or, comme le cœur était aussi hospitalier que la maison, on l'avait surnommé plaisamment le Passage des Princes." (Expression inventée par sa rivale. Léa Sally.)

Dans sa loge en effet, se pressèrent le Grand Duc Constantin, le Vieux Roi de Bavière, Le Roi du Portugal, le Prince de Galles, le Comte de Flandres, le Vice-Roi d'Égypte e d'autres princes ou altesses. - Sa liaison avec Ismail, Khédive d'Égypte, lui valut les titres de "La matrone des Fez" et de "La Vénus qu'Ali Pige"...


Qu'ajouter de plus ?

Reine de l'opérette pendant plus de vingt ans ans, elle décida de se retirer peu après la mort d'Offenbach, en 1880, non sans avoir paru une dernière fois avec son ami du début, Berthelier. Elle avait, à ce moment-là, 47 ans mais, c'était selon, aussi 42 et même 37.

Mariée, un temps avec un "comte italien", Émile Brionne, qui, retour des choses, en voulut un peu trop à sa fortune, elle n'hésita pas à divorcer tout en conservant le nom de "de Brionne" (Comtesse de Brionne) et vécut, les presque trente dernières années de sa vie, plus ou moins recluse, en compagnie de son fils d'origine mystérieuse qui était, malheureusement, comme on dit, de nos jours, "intellectuellement éprouvé", pour mourir au 123, avenue de Versailles, à Paris, en 1920.