Pour les noms des artistes du bandeau ci-dessus, voir notre page Accueil
Recherche ▶
Note : le moteur de recherche interne recensera toutes les pages du site dans lesquelles le nom recherché est cité. Si vous souhaitez lancer une autre recherche consécutive, il suffit de cliquer sur X en haut à droite de la fenêtre contenant les réponses pour revenir à l'affichage de base.
100 Boulevard de Clichy
ombien de fois sur le métier, ont-ils remis l'ouvrage ?
Les nombreux changements de dirigeants et de noms - l'un va rarement sans l'autre - justifient notre curiosité et l'existence de cette page !
Tout commence par la réception d'une image en provenance d'une amie d'Alsace. La photographie empruntée sur le site est légendée Palais de la Chanson, sans autre précision. Une recherche sur le web ne produit aucune occurrence. Ne reste plus qu'à agrandir le cliché pour en déchiffrer les banderoles et détails architecturaux. Nous finissons par reconnaître l'établissement du n° 100 du Boulevard de Clichy dans le 18e arrondissement de Paris. Tour à tour, la Truie qui file, Taverne des Truands, Cabaret des Truands, L'Araignée, Cabaret du Porc qui Pique, Cabaret Alexandre, Palais de la Chanson, L'Epatant, Les Truands, Les Métèques, Les Deux Ânes... Ouf !
Creusons un peu !
Monsieur Stein, un brave Alsacien, "monte" à la capitale en 1910 pour y ouvrir une auberge, le cabaret de la Truie qui file[1].
Echec ! Arrive un nouveau propriétaire qui veut faire dans l'excentrique comme son voisin Antonin du boulevard au n° 34 le Cabaret du Néant et au n°53 le Cabaret du Ciel et de l'Enfer. Va pour la Taverne des Truands ! Qui devient le Cabaret des Truands mais aussi l'A L'Araignée, à cause de sa façade couverte d'une multitude de figures épouvantables, dont une araignée tissant sa toile, traitées en haut-relief ! Bis repetita : encore un échec !
En 1910, Alexandre, le Bruyant Alexandre lui donne son nom : Cabaret du Brûlant
Alexandre[2]. Ensuite de quoi, nous voici à ce mystérieux Palais de la Chanson !
Marc Marie Millereau, dit Maurice Mérall inaugure le 21 novembre 1912, le Cabaret du Porc qui Pique [3], pour y donner la revue avec de jeunes chansonniers, tels Saint-Granier, Gaston Gabaroche ou Pierre Dac.
Septembre 1914, à peine après les déclarations de guerre, William Burtey
reprend l'affaire et la baptise l'Epatant. En pleine Grande Guerre, un poète dadaïste, Tristan Rémy vient diriger l'affaire qu'il renomme Les Truands en imaginant faire servir des pommes de terre frites pendant le représentation. Les amateurs n'ont pas eu la frite ! Les Métèques prend une courte suite en mars 1916, qui se soldera par une fermeture le 3 avril 1916 sur décision de la Préfecture de Police, officiellement pour cause de scandale et dans l'intérêt de la moralité publique. Démolition et reconstruction en 1920.On y fera en 1921, une tentative de Théâtre des Marionnettes...
Dès 1922, un journaliste, André Dahl s'associe au fameux Roger Ferréol (Le Perchoir, Le Théâtre de Dix-Heures) pour racheter la bâtisse et faire construire un nouveau théâtre pour lequel ils éprouveront de la difficulté à trouver un nom. Dahl se lamente :"faut-il que nous soyons des
ânes ! " C'est alors que Ferréol, en bon Marseillais s'écrie : " La voilà notre enseigne : nous sommes deux et des ânes : Les Deux Ânes".
En 1928, c'est un nouveau Marseillais, Alibert, aidé par Jean Herbert qui arrive aux commandes de la "boutique". La devise : Bien braire et laisser rire.
Depuis 1995, Jacques Mailhot dirige Les Deux Ânes. Son fils Régis, en devient le directeur artistique en 2018.
Notes :
[*] : la truie qui file (sa quenouille) et non pas qui se sauve. Une légende du Moyen Age raconte qu’une jeune bergère gardant ses moutons au pré tout en filant sa quenouille, fut abordée par un malotru. Apeurée, elle pria si fort Notre-Dame que celle-ci la changea en une truie très laide pour décourager l’importun.
[2] : le Bruyant Alexandre devient le Brûlant Alexandre à la suite d'un procès intenté par Aristide Bruant ! (voir ici) [3] : et non le porc-épic comme on le lit souvent et partout !