Saint-Granier

Jean Granier de Cassagnac, dit Saint-Granier : un des hommes-orchestre du music-hall français de l'entre-deux-guerres (avec Jean Nohain, Georgius et plusieurs autres).

Il fut chanteur, comédien, imitateur, revuiste, parodiste, scénariste, parolier, adaptateur, dialoguiste, journaliste, chroniqueur, directeur de salles, propriétaire d'un bal, producteur, présentateur, metteur en scène, animateur à la radio et même, un temps, directeur de la Paramount en France.

Il a chanté en compagnie de Mistinguett, d'Edmée Favart, de Loulou Hégoburu, de Line Clevers...

Il a joué dans plus de vingt films aux côté de : Marguerite Moreno, Jeanne Fusier-Gir, Jacqueline Delubac, Meg Lemonnier, Raimu, Charpin, Tino Rossi, Marie Dubas, Mireille, Pauline Carton, Jean Tissier, Raymond Souplex...

Il était de la première de Katinka, à l'Empire, en 1933 ; de La Madone du promenoir (en vedette), chez Mayol, la même année.

Il a contribué directement ou indirectement à une bonne centaines de revues, une douzaine d'opérettes, a chanté dans la plupart des grandes salles, créé et animé des émissions de radio et...

Il a gravé des douzaines d'enregistrements dont un, paroles de L. Wolfe Guilbert (adaptées en français par Albert Willemetz, Jean Le Seyeux et lui-même), musique de Mabel Wayne, demeure un classique : "Ramona".


Il est né à Paris, le 27 mai 1890 d'un père député et d'une mère chanteuse lyrique qui avait cessé de chanter suite à son mariage.

Son grand-père, professeur de littérature, rédacteur à La Presse, fondateur du Patriote, fut député du Gers à l'Assemblée nationale. Son oncle,journaliste lui aussi, siégea entre 1876 et 1881 à la Chambre. Son père, banquier, succéda à son propre père, à l'Assemblée, en 1880.

Son enfance fut malheureusement de courte durée. Orphelin de père à sept ans, de mère à dix-sept, il se fit agent de change mais pas pour longtemps. C'est qu'il aimait écrire et chanter.

Dès 1910 - il a vingt ans -, il devint journaliste et, au fil du temps, finira par faire partie des équipes du Charivari, de L'Indiscret, du Bravo, mais aussi de deux des grands quotidiens de l'époque : Le Matin et Le Journal.- Tout au cours de sa vie, d'ailleurs, il a insisté pour dire qu'il était d'abord et avant tout un journaliste.

En 1913, il monte sur scène et entonne ses premiers refrains. Au Grillon (boulevard St-Michel), aux Truands (futur Deux-Ânes), au Porc-qui-Pique (future Pie-qui-Chante), au Moulin de la Chanson... - Ses textes sont satyriques mais pas vraiment méchants. D'ailleurs il a un sourire qui fait tout oublier.

Il passe ensuite du côté du music-hall. En 1916. Ce sera, en compagnie de Jacques-Charles, de Willemetz, de Le Seyeux et d'autres, le début d'une série de revues à succès qui se poursuivront pendant plus de quinze ans. Au Théâtre Réjane, chez Mayol, au Casino Saint-Martin, à La Cigale, à la Gaîté-Rochechouart, à la Scala, à Marigny...

Il dirige aussi : Le Perchoir (avec Bastia), en 1917, La Potinière (avec Gabaroche) en 1919... avant d'acquérir en 1921, avec Maurice Chevalier, un dancing rue des Acacias.

Pour ses revues il écrit ou adapte des chansons qui deviennent vite des succès : "La violetera", "Billet doux", "C'est jeune et ça n'sait pas", "Ma régulière", "Marquitta", "Dinah"...

Chevalier, Bach, Dorville, Jenny Golder, Joséphine Baker le chantent.

Dans quelques unes de ces revues, il se plaît à se parodier lui-même ou à parodier les vedettes de l'époque : Raquel Meller, Jane Marnac, Chevalier, Mayol, Guitry...

Puis, il adapte ou écrit, à partir des années vingt,... des couplets pour dix opérettes, la plupart d'origine américaine : Rose-Marie (1927), Le Chant du désert (1930), Miami (1930), Halleluia (1931)...

Et, durant toutes ces périodes, il trouve le temps d'être le présentateur attitré dans des centaines de galas de bienfaisance.

Chanteur, il met à son répertoire des compositions de Harry Akst ("Dinah"),Youmans ("Thé pour deux"), Schertzinger ("Marquitta") qu'il adapte lui-même en français.

En 1930, il est nommé directeur artistique de la Paramount qui vient d'implanter une filiale en France. Jusqu'en 1933, il dirigera les versions françaises de 15 films. Il en écrit souvent le scénario ou les dialogues et se permet même de faire partie de la distribution : Chérie de Mona Goya et Louis Mercanton (1930), Rien que la vérité de René Guissart (1931), Avec l'assurance de Roger Capellani (1932)...

En 1933, il achète, avec Edmond Rozé, les Folies-Wagram, sans grand succès hélas, mais il se reprend avec le Concert Mayol où, en vedette, il créera La madone du promenoir citée ci-dessus, avec Simone Viva - livret d' André Barde, musique d'Henri Christiné.

Finalement, en 1935, grâce à son fils Jean - qui sera plus tard l'âme dirigeante ou presque de La famille Duraton (car il a eu le temps, également, de se marier et d'avoir un fils) -, il entre à Radio-Cité. C'est ledébut d'une autre carrière qui, elle, ne prendra fin que dans les années soixante au moment où Jean Granier de Cassagnac, dit Saint-Granier, décide de prendre une certaine retraite.

Il mourra à Paris le 25 juin 1976.

Son fils, Jean Granier (1910-2001) fit également carrière au cinéma et à la radio. On lui connaît divers enregistrements et paroles de chansons dont "Oh! La ! La !"


Illustrations musicales

On retrouvera dans une page spécifique l'interprétation de Saint-Granier de sa chanson-fétiche, "Ramona", en parallèle avec celle de Fred Gouin.

Ic i, nous reprendrons une chose qui n'est pas de lui mais qu'il a enregistrée en 1925. Elle date de 1923 et provient de la revue On dit ça, paroles de Jacques-Charles et Albert Willemetz, musique de Charles Borel-Clerc :

"Yo t'aime et yo t'adore"

Disque Pathé n° 4140

Sur l'étiquette de cet enregistrement, on a inscrit Saint-Granier du Casino de Paris et Scottish espagnole (sic)


Notes

Les photos des programmes ou des partitions des opérettes J'adore ça, Le chant du désert et J'aime - ci-dessous - proviennent du site de Jacques Gana où l'on obtiendra plus de renseignements non seulement sur ces opérettes mais sur Saint-Granier, Albert Willemetz et Jean Le Seyeux.

    


Un livre d'Angelo Luerti consacré à l'illustrateur Charles Gesmar qui réalisa, entre autres, des affiches pour Saint-Granier vient de paraître (Novembre 2009). Plus d'informations en notre page Petites Annonces.