(Collection Jean Burgert)























Jean-Fred Melé par M. Bouret

Jean Fred Melé

Fils de Fred Melé, Jean-Fred, né le 9 mars 1909, eut une carrière fort différente de celle de son père et si son nom reste associé à celui de Charles Trenet (dont il a créé ou encore chanté presque au même moment divers succès), c'est du côté radiophonique qu'il a surtout œuvré.

Il semble s'être décidé à se lancer dans la chanson bien avant sa vingtième année. Après son service militaire, il est engagé - père aidant sans doute - comme fantaisiste par Mistinguett dans la grande tournée qu'elle entreprit à partir de septembre 1932 avec sa revue Voilà Paris : Zurich, Berne, Genève, Lausanne, Lyon, Strasbourg, Bruxelles, Nice, Tunis, Pau, Bordeaux, Montpellier, Milan, Turin, Venise, Vienne, Prague, Varsovie, Stockholm, Oslo... (Martin Penet). [1]

De retour à Paris en juin 1933, il inaugure dans un "demi" tour de chant le cabaret de Jean Tranchant pour passer en semi-vedette puis en vedette un peu partout avant de se retrouver à l'Alhambra en 1936.

En 1937, il enregistre ses premiers disques avec l'orchestre de tango du Tabarin : "Toute ma vie", "Dis-moi ce soir", "Le tango du silence"...

En 1938, il chante au côté de Lyne Clevers dans une revue chez Bobino puis, influencé comme tous les jeunes de son époque par Charles Trenet, il adopte son répertoire et son image de "chanteur-swing" dont il devient, un des meilleurs interprètes :

  • "Rendez-vous sous la pluie"
  • "J'ai ta main"
  • "Je chante" [*]
  • "En quittant une [ma] ville" [*]
  • "Fleur bleue"
  • "Boum"...

[*] Voir ci-dessous.

En 1938, il devient le chanteur de l'orchestre Zeppili sur le Poste Parisien.

En 1941, Jean-Fred Melé et son Swing est à l'affiche du Théâtre de l'Étoile.

En 1942, il écrit avec Victor Vallier une revue intitulé Femmes et rythmes que l'on joue au Robinson Moulin Rouge.

La même année, il anime en compagnie de Jacques Jansen à la Radiodiffusion Nationale l'émission Chansons à tous les étages tout en reprenant le rôle de Roger Dann au Théâtre des Capucines dans l'opérette Une femme par jour.

En 1943-1944, il est à Paris et en tournée dans la France avec un quintette dont il est le directeur.

À la libération, jusqu'en 1947, il fera surtout de la radio non sans jouer dans une opérette (Miss Cowboy) au Casino Montparnasse.

En 1948, sa carrière de "chanteur swing", tout comme celle de Johnny Hess est en perte de vitesse. Il décide alors de s'exiler et va chanter au Mexique, au Canada, à Londres, en Suisse... pour ne revenir qu'en 1951 où, à partir de là jusqu'à la fin des années cinquante, il ne fait que de la radio animant diverses émissions dédiées à la chanson pour ensuite passer du côté de la production.

Jean-Fred Melé est décédé en mai 1987.


Discographie

Gérard Roig dans sa revue Phonoscopies [2] (dont l'article sur Jean Fred Melé débute par : "Aujourd'hui, le nom de cet artiste ne dit plus grand chose. Raison de plus pour en parler...") cite près de soizante-quinze titres enregistrés par Jean Fred entre juin 1937 et mai 1948 (plus 6 disques publicitaires en 1951) avec un trou qui s'explique assez mal entre juin 1939 et la mi-avril 1945.

Rien de vraiment exceptionnel sauf les chansons de Charles Trenet mentionnées ci-dessus.

De Jean Fred Melé, nous n'avons retrouvé aucun enregistrement d'origine ce qui n'est pas surprenant étant donné que ses disques ne se sont vraisemblablement pas vendus à des millions de copies.

La toujours excellente maison Frémeaux (nous le répéterons jamais assez) a cru bon cependant d'insérer dans sa monumentale édition de l'Intégrale de Charles Trenet non pas une mais cinq interprétations de Jean Fred dont nous citerons deux extraits qui, nous L'espérons, pourront encourager nos lecteurs à se procurer les - à ce jour - six coffrets de cette édition. [3]

Ce sont :

Le début de "En quittant une [ma] ville"

Disque Polydor 514079 - 1938 [4]


La fin de "Je chante"

Disque Polydor 514079 - 1938 [4]

(Où l'on notera dans ce dernier titre la disparation de la célèbre "ficelle" de Trenet, remplacée par une lime...)

Pas mal, non ?


[1] Mistinguett, la reine du Music-Hall - Éditions du Rocher, 1995
[2] n° 43, juillet 2003
[3] Vol. 1 "Charles et Johnny" (FA 081), Vol. 2 "Y'a d'la joie" (FA 082), Vol. 3 "Boum" (FA 083), Vol. 4 "Que reste-t-il de nos amours" (FA 084), Vol. 5 "La mer" (FA 085) et Vol. 6 "L'âme des poètes" (FA 086)
[4] Jean Fred Melé accompagné par le Jazz Yatove - Jean Fred Melé (vo), accompagné probablement par P.S. Luini (tp), André Saury (as), Stéphane Grapelli (vln), Jean Yavotte (p., arr) et deux autres musiciens non identifiés (b et dm) - 8 mars 1938.