L'Apollo, 20 rue de Clichy, 9e




Manœuvre du Basculo


Plan de 1909




Le Promenoir

20 rue de Clichy en 2024

Pour les noms des artistes du bandeau ci-dessus, voir notre page Accueil

Recherche ▶

Note : le moteur de recherche interne recensera toutes les pages du site dans lesquelles le nom recherché est cité. Si vous souhaitez lancer une autre recherche consécutive, il suffit de cliquer sur X en haut à droite de la fenêtre contenant les réponses pour revenir à l'affichage de base.








Apollo

ew York, Londres, Chicago, Berlin en avaient un. Paris se devait d'avoir le sien ! Ce sera chose faite, en 1907, dans le 9e arrondissement au n° 20 de la rue de Clichy, juste après le Casino de Paris, sera construit l'Apollo Théâtre, nom synonyme de prestige des spectacles que l'on y donne !

En 1907, à Paris, Le théâtre de l'Apollo organise un concours pour le championnat du monde de lutte.

Alphonse Franck, directeur de l'Apollo, en 1909, décide de reconstuire l'établissement et confie à l'ingénieur Félix Léon Edoux la conception du "basculo" (voir ci-dessous).

 

La curiosité : le basculo !

Un fameux système de plancher rotatif. L'idée étant de retourner ce dernier pour libérer de l'espace. Sur un côté étaient fixés tous les fauteuils, l'autre côté étant un parquet lisse dévolu à la danse. Le tout consistait à manœuvrer ces 97 tonnes (le poids est précisé dans la dernière page de n°286 du 26 juillet 1908) avec un moteur électrique de 2,5 chevaux en douze minutes. (extrait ci-dessous ⯆)

Libérer la salle de ses fauteuils permet de transformer l'établissement en dancing et d'organiser de 5 à 7 (de 17h à 19h) un thé tango, comme le chantait, en 1913, Fragson (paroles de Louis Despax et musique de Rodolphe Berger)

...
Chanson-thé, Boking-thé, Tango-Thé
C'est la coutune à la mode
L'hiver comme l'été
Pour permettre aux gens de s'ploter
Tout en prenant une tass' de thé
On y boxe, on y dans' le tango
Et c'est vraiment très commode
Pour s'exciter la peau
Grande séance
D'l'amour qui s'danse
Voilà le Thé-Tango !

...

C'est le 21 avril 1909 que l'on y donnera, avec faste, le grand succès de Franz Lehar La Veuve joyeuse au point de recevoir les félicitations du compositeur !

Il écrit de sa main :"Je tiens à vous exprimer mes remerciements les plus chaleureux pour la façon magistrale avec laquelle vous avez présenté ma VEUVE JOYEUSE. C'est la meilleure interprétation de mon œuvre que j'aie vue.

Votre sincèrement : Franz LEHAR."

 

En 1910, suit Rêve de Valse d' Oscar Straus, une opérette créée à Vienne en 1907, adaptée pour la scène française par Léon Xanrof et Jules Chancel, avec Alice Bonheur, Henri Defreyn et Paul Ardot. A la suite, Hans, le joueur de flûte, une opérette de Louis Ganne, livret de Maurice Vaucaire et Georges Mitchell, créée à Monte-Carlo en 1906, avec Jean Périer dans le rôle titre.

Entre janvier 1929 et 1930, c'est Jane Marnac qui dirige la maison avec le metteur en scène Camille F. Wyn et le major Keith Trevor, un officier anglais devenu son mari, en 1927.

Après une bonne cinquantaine d'années d'exploitation et de beaux succès, c'est la fermeture ! Jusqu'au moment où, quelques années plus tard, la bâtisse est démolie pour laisser place à un immeuble contemporain à usage de bureaux et de commerce.

Le nom prestigieux est récupéré par un établissement du 18 rue du Faubourg-du-Temple dans le 11e arrondissement qui est l'ancien Théâtre du Temple, sis sur l'emplacement, en 1782, du premier cirque permanent de Paris : l’Amphithéâtre anglais. Le nouveau propriétaire en 1793, déménagera en 1801 pour fonder le Cirque-Olympique. En 1826, la salle passe au feu. Dès 1912, se crée un cinéma de 500 places, le Consortium qui cède la place en 1922 au Temple-Concert, un café-concert. A partir de 1930, un cinéma y cohabite, c'est le Templia qui durera jusqu'en 2003 après avoir été l'Action République, le Républic-Cinémas, le Reflet-Républic puis Le République. II y était projeté des œuvres d'art et d'essai et des courts métrages dans une salle unique de 350 places. Le Théâtre Le Temple devient un plateau humoristique. On y faisait la découverte d'artistes en alternant confirmés et jeunes talents. En décembre 2014, à la faveur d'un changement de direction, il prend le nom d'Apollo Théâtre.

18 rue du Faubourg-du-Temple