Les salles d'auditions
u tournant des années 1900, les "salles d’auditions" (ou salons d'écoute) représentaient un concept révolutionnaire lancé par Pathé
pour faire découvrir le phonographe au grand public. Bien avant l'essor de ses salles de cinéma, l'empire de Charles et Émile Pathé reposait sur l'enregistrement sonore et la vente de cylindres
Fin XIXe siècle et début du XXe apparaissent les "machines parlantes". Comment en fait-on la promotion ? Là est la question ! On se souvient que la photographie a profité de la peinture pour les images… Et pour le son ? Que fait-on ? Fin XIXe siècle les forains allant de foires en foires présentaient leurs "drôles de machines" et faisaient écouter de la musique aux gens.
A l'aide d'un appareil class M Edison autour duquel, on réunit jusqu’à 18 personnes, on place les écouteurs dans les oreilles de ceux qui ont payé et on lance le cylindre ! Nous ne disserterons pas sur les conditions d'hygiène quant à ces embouts caoutchoutés passant d'oreilles en oreilles enduits du cerumen des derniers auditeurs !
Remarquons qu’au début, ces auditions n’étaient pas organisées par les constructeurs de ces machines parlantes. Au regard du succès de ce commerce, les forains se mirent à acheter des machines et à louer des locaux proches des lieux où se pressait la population, comme, par exemple, les expositions, et toujours sans lien avec les fabricants.
Mais, dans les premières années du XXe siècle, l’industrie se réveille ! Un certain nombre de marchands de phonos et de cylindres et/ou disques s'équipent de dispositifs d’audition pour leurs clients, parfois dans des lieux dédiés, comme le plus célèbre, celui de la salle d’écoute du Salon du Phonographe de Pathé, boulevard des Italiens à Paris, ouverte en 1898 qui eut rapidement, en 1901, au n° 28 de la même voie un concurrent :

Des commerçants non directement liés à des marques phonographiques comme Pathé ou Gramophone proposaient des dispositifs similaires.Ainsi, le Palace-Chansons, une célèbre salle d'audition parisienne fondée vers 1905 et située 9-11, passage de l'Industrie au niveau du 27, boulevard de
Strasbourg à Paris, 10e.
Il suffisait d’acheter un jeton et d’aller écouter musique ou chanson.
D’autres établissements existaient comme celui de la Kermesse des Bouffes, 209 rue du faubourg Saint-Denis à Paris 10e également,
non loin de la place de La Chapelle et de l’actuel théâtre des Bouffes du Nord. On peut citer aussi l’établissement du 14, boulevard de Clichy à deux pas de Pigalle
et celui du 76, boulevard de Rochechouart, jouxtant le Trianon.
Les auditions se faisaient au moyen d'appareils Autophone Pathé. A chaque année, un catalogue était édité pour détailler les disques disponibles à l'écoute.
Voir :
le catalogue de 1928
le catalogue de 1929
