CHAPITRES
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PRÉFACE DE CHARLES LE GOFFIC

PREMIÈRE PARTIE :
MON ENFANCE
Ma première chanson
L'ogre
L'étang noir
A Dinan-la-Jolie
Un "intersigne"
Les "tape-fer"
La Forêt enchantée
Les loups
Le départ
Parisien !
Nostalgie
"Mut'-ou-Cor, ?"
"Aide-toi..."

DEUXIÈME PARTIE :
MA JEUNESSE
Sur le trimard
La faute
Dans la basoche
Devant Victor-Hugo. - Chez Henri Becque
Débuts... dramatiques
Premiers refrains. Premiers bouquins
Au 41ème

TROISIÈME PARTIE :
MES VRAIS DÉBUTS
La mort de grand'maman Fanchon
Antoine et Scriwaneck
Un soir de fête
"Il ne faut point dire : Fontaine"
"Monsieur l'Aumônier"
L'ouverture du "Chien Noir"
La "Paimpolaise"
Chansonniers et poètes
Mes vrais débuts
Au Port-Blanc
Les "bons camarades"
Les "Chansons de chez nous"
La chanson "au quartier"
Le "Prince"

QUATRIÈME PARTIE :
EN TOURNÉE
La "Fleur de Lys"
A la Haute-Cour (Le Serment)
En escadres - Chez Pierre Loti


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Théodore Botrel


Première partie

Chapitre deux

L'ogre


Tous les jours, le déjeuner à peine achevé, une toute petite main se glisse dans la mienne, en même temps qu'une fine voix enjôleuse me susurre insidieusement :

- Papa va au "courrier" avec Léna ?

"Aller au courrier", c'est porter mes lettres, non simplement au bureau de poste, mais jusqu'à la gare même de Pont-Aven, au train de deux heures et demie, et, ce, en prenant le chemin des écoliers et des bardes : tout le long des chemins creux ou à travers les champs et les landes du Bourg-Neuf. Et comme il faut cueillir des mûres à la mignonne sur toutes les haies de la route et lui choisir de-ci de-là des pommes au pied des arbres de nos indulgents voisins, il arrive que le fameux courrier est bien souvent raté, le petit tortillard qui devait l'emporter sur Quimperlé étant déjà presque arrivé à Riec lorsque nous arrivons, nous, en peinards, l'un remorquant l'autre, à la petite station pont-avenaise. Mais, bah ! tant pis pour mes correspondants : ma petite fille est si contente !

En ce moment, ce sont les châtaignes qu'il faut abattre à coups de pierres ou de pen-baz et décortiquer du talon de mes souliers pour satisfaire les exigences de mon joli tyran. Elle en bourre ses petites poches, en perd la moitié en chemin et, finalement n'en rapporte guère plus d'une vingtaine à la maison. Ce qui ne l'empêchera, pas, bien entendu, de s'écrier triomphalement, le soir, quand on en apportera une grande plâtée fumante sur la table : "C'est Léa qui a ramassé tout ça pour maman !"

Or, hier, comme, de châtaigneraie en châtaigneraie, nous nous étions fort éloignés du logis et que nous atteignions, sous Kerustum, un boqueteau jamais exploré encore, l'enfant, un tantinet inquiète, je crois bien, me demanda tout à coup "C'est-y qu'on seraient perdus comme le petit Poucet ?" Et cette. simple phrase, en ce paysage automnal cependant que pleuvait sur nos têtes et craquait sous nos pieds la feuillée jaunissante, me remit en mémoire une des aventures de mon enfance que je vais vous conter.

La saison des châtaignes est pour les petits Bretons une saison particulièrement bénie, car ces fruits savoureux appartiennent, chez nous, à qui veut bien se donner la peine de les ramasser, nul ne songeant encore à en faire commerce. Il en était jadis ainsi, du moins, au pays mévennais ; il est encore de même aujourd'hui dans le pays quimperlois.

Aussi, quand j'étais tout petiot, tout petiot, guère plus haut qu'une botte et que venait la Novembre, quittais-je souvent dès le fin matin la chaumine de ma grand'mère et, escorté de deux polissons de mon âge, mes compagnons habituels, chargés d'un petit sac que nous portions alternativement, me mettais-je en campagne jusqu'au soir, explorant toutes les petites, châtaigneraies qui pullulaient alors entre le Parson et le Crouais, Quédillac et Plumaugat. Chacun de nous emportait un quignon de pain sous son bras et un briquet dans sa poche ; de sorte que, vers midi, on faisait une belle flambée d'ajonc sec et de bois mort, sous la cendre de laquelle on cuisait des patates déterrées en route dans quelque champ solitaire ; comme dessert, nous nous régalions des pommes crues et des châtaignes rôties, le tout arrosé d'une bonne goulée de bonne eau fraîche lampée à même une claire fontaine. Quels festins que ces collations de jeune santé, dégustées ainsi dans le plein air déjà frisquet, précédées qu'elles avaient été de galopades apéritives et achevées par de joyeuses batailles qui en activaient la digestion !

Or, une fois, il arriva que la nuit nous surprit loin, très loin de chez nous, et qu'en nous interrogeant l'un l'autre nous nous aperçûmes que nous nous étions tout simplement égarés. Oû étions-nous ? Avions-nous passé, sans nous en apercevoir, du bois de Saint-Méen dans celui de Penguilly ? Ou bien, par les "Treize-Chênes" et les "Ormes", nous étions-nous aventurés jusqu'à la forêt, déjà lointaine, de la Hardouinaye ? Peut-être ; mais je n'en ai jamais rien su de précis par exemple. Nous avions erré à l'aventure, voilà tout. "Errer" : cela suffisait à mon bonheur d'enfant, hier... comme cela suffirait encore, je le sens, à mon bonheur de vieillard, demain, si Dieu m'en accordait le loisir et la force.

Mais le soir, cependant, s'annonçait plus sombre, le vent plus frais ; et voici que, pour comble de malheur, la pluie - notre fine et têtue petite pluie bretonne - se mit à tomber à son tour.

Où aller ? Droit devant nous ? Revenir en arrière ? Nous avions littéralement perdu le Nord, c'est bien le cas de le dire.

C'est alors que l'un de nous se prit à soupirer :"Si au moins nous avions semé des ' petits cailloux blancs sur la route !" Car il me faut vous dire que l'on venait justement de nous conter à l'école, l'odyssée du petit Poucet. Aussi cette exclamation fit-elle germer dans nos cerveaux la pensée qui devait assurer notre salut : monter sur un arbre, pour trouver au lointain une petite lumière.

Grimper sur un arbre était chose aisée aux méchants dénicheurs d'oiselets que nous, étions tous trois ; de fait, cinq minutes ne s'étaient pas écoulées que chacun de nous était déjà parvenu au sommet d'un grand hêtre, scrutant anxieusement les frondaisons d'alentour. Et les appels de s'entrecroiser : "Tu ne vois ren, tâ ? - Non, dame ! Et tâ ? - Mâ non plus étou ! - C'est point surprenant, dis-je : on ne construit guère de maisons dans les bois ; poussons jusqu'à l'orée." Et nous voilà, derechef, fonçant droit devant nous, au petit bonheur, durant une demi-heure encore.

Cependant les taillis s'éclaircissant peu à peu, les clairières se faisant plus nombreuses et plus vastes, la campagne devait être visible à présent du sommet d'un quelconque observatoire. Nous regrimpons donc sur trois perchoirs nouveaux et les questions recommencèrent : "Je ne vois cor ren, mâ, et tâ ? - Mâ, ce coup-ci, m'écriai-je, je vois au loin une grande lumière. - Guigne-là ben juste et marchons dessus tout dret !"

Nous redescendons et je m'oriente de mon mieux, assez bien, ma foi, pour un gosse, puisqu'au bout d'un quart d'heure nous nous trouvions devant une longue avenue de châtaigniers au bout de laquelle on apercevait une grande maison que nous baptisâmes tout de suite "Chateau", bien entendu.

- Pourvu que ce ne soit point le château de l'Ogre ! dit l'un de nous.

Cette pensée nous fit un tantinet frissonner, il faut l'avouer ; mais nous étions, au fond, des petits gâs assez braves, qui n'avaient guère peur, l'hiver arrivé, que des loups.

"Des loups !... allez-vous dire, goguenards. Allons-donc ! Des loups en Bretagne !" Oui donc, braves gens. Je ne sais s'il en existe encore aujourd'hui, mais ce que je sais bien, c'est qu'il y en avait chez nous au temps de mon enfance et que moi qui vous parle j'en ai vu, de mes yeux vu, deux ou trois pour le moins. Mais ça, c'est une autre histoire, que je vous conterai un autre jour. Quittons vite nos loups et revenons à nos moutons.

La lumière que j'avais aperçue de si loin éclairait la vaste salle d'un imposant rez-de-chaussée.

C'était une cuisine, mes amis, une cuisine aux carreaux de laquelle nous collâmes, prudemment, nos trois petits museaux inondés de sueur et de pluie. Quel spectacle à la fois attirant et effrayant s'offrit alors à nos regards ! Jamais nous n'avions vu pareil harnois de gueule. Partout des vaisseliers et des crédences garnis de belles assiettes blanches et de cuivres rutilants ; une cheminée de granit grande à elle seule comme une de nos chaumines tout entière et où flambait un feu à rôtir une paire de bœufs. Un appareil ingénieux y faisait fonctionner toute seule, comme magiquement, nous semblait-il, une rôtissoire monumentale dans la broche de laquelle étaient enfilées plusieurs pièces de rôtis dont nous ne distinguions pas très bien la forme. L'un de nous souffla : "C'est -y point de gros lieuvres ?" - Ou ben des petits gorets ? dis-je. - "Des petits enfants peut-être ben !" suggéra celui de nous qui, déjà, avait évoqué, tantôt, l'histoire de l'Ogre.

Du coup nous eûmes grande envie de rentrer dans la forêt et nous virions déjà de bord, quand deux mâtins s'en vinrent nous flairer aux chausses en aboyant si fort que nous nous mîmes à hurler nous-mêmes comme des perdus. A nos cris, une porte s'ouvrit avec fracas ; une grosse maritorne en coiffe blanche surgit sur le seuil, envoya coucher les molosses d'un ton qui fut pour eux sans réplique et nous apostropha finalement à notre tour

- Qui êtes-vous ?

- Quasiment des égarés, ma bonne dame !

- D'où venez-vous ?

- Du Parson proche de Saint-Méen.

- Que faites-vous par ici ?

- On cherchait des châtaignes.

- Que me voulez-vous ?

- On ne sait point ; il pleut ; on grelotte ; alors quand on a vu la lumière, on est venu ; et nous v'là

- Vous v'là ! Vous v'là : c'est bentôt dit. Enfin, entrez toujours pour vous chauffer un brin. Vous n'êtes assurément que des faillis gâs, mais des petits chrétiens tout de même ; et ce serait pécher de vous laisser geler dehors, comme ça, sous la pluie ; mais lâchez vos sabots à la porte, au moins !

- Des sabots, ma bonne dame, on en a point.

- Pieds-nus par ce temps ; si c'est Dieu possible !

Et tout en bougonnant ainsi, la bonne femme nous poussait devant le feu, remettait la barre à la porte, jetait une nouvelle bûche dans l'âtre et nous quittait enfin, en grommelant "Espérez un peu : je vas toujours prévenir le maître !"

Et nous restions seuls, serrés l'un contre l'autre comme des poules mouillées, devant le tournebroche et ses inquiétantes pièces de viande qui continuaient de rissoler avec un gentil bruit de graisse fondue tombant dans la lèche-frite.

Mais des petits rires étouffés nous firent soudain tourner la tête. Dans l'entrebaillement d'une porte, nous aperçûmes trois ou quatre petites demoiselles, joliment vêtues de blanc, avec, sur leurs têtes bouclées, des grands flots de rubans bleus. Elles nous dévisageaient en silence, mais en se moquant sans doute de nous, à cause de nos loques fumantes. Et elles s'en fuirent, vives comme les arondes, dès qu'elles se virent découvertes."C'est les petites garçailles à l'Ogre - dit l'orateur de la bande - si on couche ici la nuit, mâ je sais ben ce que je ferai. - Et quoi donc ? - J'irai leur tirer les biaux rubans qui sont dans leurs cheveux et je les attacherai dans les nôtres. De cette façon l'Ogre, qui croira nous manger, croquera ses petites filles et, nous, nous pourrons nous en sauver !"

Oui, telles étaient les lugubres pensées que nous continuions à rouler dans nos cerveaux quand la cuisinière vint à nous et mis le comble à nos appréhensions en nous disant : "Suivez-moi : le maître veut vous voir."

Deux ou trois enjambées à faire, un couloir à traverser, une porte qui s'ouvre sans bruit... et nous voilà devant l'Ogre. C'était un grand Monsieur - oh ! qu'il était grand ! -- avec une longue barbe grise - oh ! qu'elle était longue ! - et un gros ventre - oh ! qu'il était gros ! - un ventre comme nous n'en avions jamais vu encore, les paysans de chez nous étant généralement des maigrelets.

Il n'avait pas l'air très méchant, pour dire le vrai, mais son ventre nous épouventait, quoi ! Un ventre aussi conséquent ne pouvait appartenir qu'à un Ogre, évidemment. , Mon Dieu ! Qu'allions-nous devenir ?

Il nous interrogea d'une voix qui augmenta notre frayeur encore, tant elle était brève et sonore. Nous refîmes le récit de notre aventure et j'ajoutai que "séchés à présent, nous ne demandions plus qu'à repartir au plus tôt, pour peu que l'on voulût nous remettre sur le bon chemin du retour."

"Partir, grommela-t-il, partir par cet affreux temps et par une nuit aussi obscure, vous n'y pensez pas. Je ne puis me débarrasser de vous que demain matin, d'autant que j'ai du monde à souper tout à l'heure et que j'ai grand faim." Grand faim !... nous tombions bien ! "Vos parents seront-ils inquiets, continua-t-il ? - Pas trop, car nous couchons souvent comme ça chez des oncles ou des cousins des environs quand on est trop fatigués pour rentrer chez nous. - Alors, restez ici et, demain matin, j'aviserai. Mais, vous n'avez pas pris la fièvre, j'espère, sous l'ondée glaciale ? - Pris quoi ? - C'est qu'avec cette maudite épidémie, on ne sait jamais..."

C'était vrai que la variole noire ravageait à cette époque notre chère contrée ; on ne l'y connaît plus guère aujourd'hui, Dieu merci, mais souvenez-vous, chers amis, du nombre de vieux parents que vous avez connus avec un pauvre visage troué comme une écumoire. Cependant, nous étions à cent lieues de soupçonner ce à quoi on faisait allusion devant nous, bien entendu. Aussi notre épouvante augmenta-t-elle encore lorsque, nous ayant tâtés, longuement, l'un après l'autre, l'Ogre fit la grimace en roulant de gros yeux bizarres. Apparemment qu'il nous trouvait un peu trop maigres pour son appétit !

"C'est que j'ai des filles, moi dit-il enfin - et, dame ! on ne prend jamais assez de précautions. Êtes-vous vaccinés, au moins  ... Hein  ... Répondez !... Oui ! ... Non  ... Vous ne savez pas même de quoi je veux parler  ... Pas vaccinés !... Ils ne sont mêmes pas vaccinés ! ... Eulalie (j'ai retenu le nom qui était celui d'une de mes tantes), Eulalie, dépouillez-les vivement de leurs petites vestes ! - Oui, docteur," répondit la grosse cuisinière en nous déshabillant d'un tournemain pendant que son patron ouvrait une boîte sur son bureau et farfouillait dans un tas de petits couteaux et de minces cisailles qui luisaient, sournoisement délicats, sous l'aveuglante clarté de la lampe.

Et nous croyions notre dernière heure arrivée déjà quand, nous prenant entre ses genoux l'un après l'autre, il se mit froidement à nous enfoncer plusieurs fois dans un de nos bras une petite lancette d'acier préalablement trempée dans un flacon que lui tendit sa complice. Je dus, pour ma part, perdre à peu près connaissance, car je ne pris conscience de moi que dans la cuisine, quelques instants plus tard, assis devant une grande écuelle de soupe odorante qui fut engloutie en un clin d'œil et que suivit une grosse tartine de pain bis bien arrosée avec le jus de la fameuse rôtissoire. Par là-dessus, un verre de vin rouge bien chaud et surtout bien sucré : puis, en un autre tournemain, nous voilà enfermés tous trois dans une pièce adjacente, couchés sur deux bons matelas à même le sol et roulés, avec précaution, dans trois grosses couvertures de laine.

"Attention, maintenant, dis-je à voix basse à mes compagnons dès que nous fûmes seuls : Restons aux aguets toute la nuit, afin de sauter par la fenêtre dès que l'Ogre viendra nous quérir - Entendu ! Que personne ne dorme, surtout ! - Ah ! pas mâ, ben sûr ! ..."

Et deux minutes plus tard nous ronflions tous trois, comme des bienheureux !

Le lendemain matin - encore vivants à notre grande stupeur - on nous fit avaler, en hâte, une succulente soupe au lait gratinée, puis on nous installa dans une gentille charrette et l'Ogre, engoncé dans une peau de bique qui doublait encore sa corpulence, prit les guides, demanda à sa cuisinière : "Pas d'autres commissions pour Saint-Méen ?" et fit claquer allègrement son fouet. "En route !"

Ah ! la belle promenade ! Nous filions comme le vent au long du bois et des champs, nous réjouissant d'avance de rouler ainsi carrosse durant toute la journée sans nul doute... Ah ! bien ouiche ! Au bout d'une demi-heure à peine nous étions déjà au Parson. Avions-nous dû en faire des tours et des détours, la veille, en ramassant nos châtaignes !... Ou bien la jument de l'Ogre avait-elle aux pattes des sabots de sept lieues ?"

"Vous voilà chez vous, galopins, dit notre hôte. Avez-vous mal à vos bras ? - Ça pique dur ! répondîmes-nous. - Bravo ! c'est que ça prend ! (Si "ça" avait pris ! j'en porte la marque encore !) Dans quarante-huit heures il n'y paraîtra plus. Allez. oust !" Et, nous empoignant par les collets de nos habits, il nous déposa délicatement à terre, tendit à chacun de nous une belle pièce de deux francs toute neuve et fouetta sa bête."Hue, la grise !"

Sans même songer à lui dire merci, nous restions là, tous trois, plantés au milieu de la route, ébaubis, suffoqués et nous répétant l'un à l'autre pour bien nous convaincre de la réalité de l'aventure : "Il ne nous a pas mangés, dame !... Et il nous a baillé quarante sous ! ..." - car c'était, au fond, cela surtout qui nous éberluait.

Qui était ce brave homme  ... Un docteur de Dinan ou de Caulnes, je crois, retiré par chez nous, sa carrière finie ; mais quant à vous dire son nom et celui de sa bicoque, ma foi, je n'en ai plus souvenance. Il demeure pour nous, toujours et tout simplement,"l'Ogre". Un Ogre peu terrible, en tout cas, et comme je souhaite à tous les petits Poucets (et à toutes les petites Poucettes) présents et à venir, d'en rencontrer un, quand -- étant sortis du droit chemin - ils ne sauront plus à quel "ogre" se vouer !


Suite : Première partie, chapitre trois - L'étang noir

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