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La Palma

Au hasard des déplacements de son père, Pietro Giovanni Filippo Dalmazzo, 45 ans, un artiste ambulant,lutteur originaire de Marseille, elle est née à Épinal (Vosges), le 3 octobre 1896. Sa mère, Anne Delmas, 37 ans,est également artiste ambulante.

À seize ans, attirée par la chanson, elle choisit le nom de "La Palma" et devient "chanteuse réaliste", débutant en première partie d'un récital de Dalbret à l'Apollon de Bordeaux.

Elle monte à Paris au cours de la guerre 14-18 et passe au Concert Mayol puis rentre à Marseille où elle finit par s'établir.

En 1919, elle fait partie des programmes de l'Alcazar et du Palais de Cristal. Sa réputation s'étend dans tout le midi. Pendant dix ans, elle chante dans les salles d'Aix-en-Provence, de Toulouse, de Nice tout en étant présente régulièrement à Paris où, en 1930, elle est en vedette à l'Empire.

Jusqu'à la guerre, elle chantera partout : à Bobino, au Gaumont-Palace, à l'Alhambra... puis, au cours de l'Occupation, elle passe du côté de la Résistance avec son mari, Édouard Jalabert, le directeur de l'Apollon. - Les deux sont arrêtés et emprisonnés plusieurs mois.


À la fin des hostilités, elle met à peu près fin à sa carrière et ouvre un café, Le bar des régates, à Marseille.

Marie-Jeanne Dalmazzo, dite La Palma meurt, pas tout à fait oubliée mais pas tout à fait célèbre non plus, à Nimes (Gard), le 7 octobre 1979, âgée de 83 ans.

La Palma, souvent citée sous le nom de "La Palma de l'Empire" a enregistré de nombreux disques de 1923 à 1939, plus particulièrement entre 1930 et 1935. Dans le lot, beaucoup de chansons créées par d'autres "chanteuses réalistes" dont elle reprend les répertoires sans trop les modifier. C'est ainsi qu'elle "refera" "La glu" (de Richepin et Fragerolle), un succès d'Yvette Guilbert et de Polaire, ou encore "La chaîne" (de Ronn-Daniderff) créée par Damia. Mais son propre répertoire comprendra également des titres écrits pour elle, par Blanche et Henri Poupon "Je te veux cette nuit", le pianiste de Buxeuil "J'ai peur de savoir", etc.

La voix est posée, la diction est celle d'une chanteuse habituée aux grandes salles, les intonations, le timbre, tout y est, sauf que - une opinion toute personnelle - on sent le travail, l'artifice. Il manque à La Palma quelque chose : une certaine imperfection ? une certaine chaleur ? - On pourrait même dire une certaine "humanité". - Dans la plupart de ses interprétations l'émotion semble être confinée à la musique et aux paroles : La Palma ne veut pas ou ne peut pas se donner complètement. Un défaut ? Peut-être. La Palma ferait-elle partie de ces interprètes qui, bourrées de talent, ne réussissent pas tout à fait à passer la rampe ?

Qui sait ?

Quoiqu'il en soit, nous ne sommes définitivement pas, ici, en présence d'une Damia à laquelle on est toujours tenté de comparer.


Extraits sonores

À écouter, par exemple, ces deux passages de "La chaîne" (Ronn - Daniderff) par Damia, d'abord, en 1928 puis par La Palma, en 1930.

Dans le premier enregistrement, des sanglots de désespoirs à demi étouffés, dans le deuxième, une voix qui chante... juste.

Damia - "La chaîne"

(Ronn - Daniderff) - 1928


La Palma - "La chaîne"

(Ronn - Daniderff) - 1930

Nous ne voulons pas dire par là qu'aucune émotion ne réussit à filtrer au travers les interprétations de La Palma. On écoutera, par exemple, ces deux extraits :

"Je te veux cette nuit"

de Blanche et Henri Poupon - 1933


"Nous ne sommes pas faits l'un pour l'autre"

de Verly - Leardy - 1932

Et on aura toujours plaisir à écouter un extrait de cette rengaine dite "valse chantée" :

"Tu voudrais me voir pleurer"

de Dumont - Bénech - 1933


Note : Tous les extraits des chansons de La Palma cités ci-dessus proviennent d'un CD intitulé "La Palma" dans la collection "Succès et raretés" de la maison Chansophone (numéro 157).

Voir à Copyrights.


Etiquettes et photos * de la collection André Anciaux - Marc Béghin † - Merci à P. Ramseyer pour les dates et lieux de naissance et décès.


Ajout de mai 2014

D'un ami bien connu de ce site, David Silvestre, un enregistrement assorti de son étiquette :

"Tu me demandes si je t'aime"

Disque Parlophone 80.476