CHAPITRES
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Note de l'éditeur

Bouquets d'hommage


[*] Curieusement, ces Mémoires n'ont pas de chapitre 10.
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Eugenie Buffet


Chapitre 15


Je partis avec ma fidèle Félicie Clory, mon accompagnatrice (qui ne m'avait pas quittée pendant ces trois années) et Lucien et Marie-Louise de Gerlor, Davin et Jean Deyrmon.  Je m'arrêtai à Pau pour y saluer ma grande amie la Marquise de Péralta, et le bon poète Jacques Normand. Nous chantâmes à Pau, à Bordeaux, à Arcachon, à Bayonne, à Biarritz, pour les soldats des hôpitaux.  Il était convenu que je devais, à Biarritz, me séparer de ma petite troupe obligée de rentrer à Paris. Après une escale à Saint-Sébastien, au cours de laquelle je donnai une soirée au Grand Hôtel et aux écoles, j'arrivai à Madrid en mars 1917.  M. Geoffray, Ambassadeur de France à Madrid, et Mme l'Ambassadrice, préparèrent, dès mon arrivée, le programme de ma première soirée, avec un goût et un tact remarquables. Ce n'était pas une petite affaire que l'élaboration d'un tel programme. Il fallait, tout à la fois, ménager les sentiments d'une partie de la population, nettement bochophile, et imposer à notre auditoire des chansons éminemment patriotiques et françaises. Tout se passa pour le mieux. Le corps diplomatique avait été convié à venir m'entendre. J'eus le plaisir de voir, au premier rang de l'assistance, l'ambassadrice d'Italie Mme Bonin Louzare et l'Ambassadrice d'Angleterre. Cette dernière me félicita vivement, à l'issue de cette soirée, et elle me fit ce compliment exquis :

- Je regrette, Mademoiselle, que vous ne soyez pas anglaise !

C'est pendant mon séjour à Madrid que je fus reçue par l'infante d'Espagne Louise d'Orléans. Je la connaissais depuis longtemps, et elle voulut bien, sachant que j'étais en mission dans son pays, m'accorder une audience. Je n'ai pas oublié le petit incident qui marqua mon attente dans la somptueuse pièce du Palais où l'on m'avait introduite, quelques minutes avant l'heure désignée pour ma réception. Une dame de la cour était venue me tenir compagnie, et je ne fus pas longue à m'apercevoir que mon interlocutrice nourrissait des sentiments peu francophiles. Durant les quelques instants qu'elle était restée avec moi, elle s'était appliquée à m'adresser des paroles d'une aménité douteuse ; et, tout à coup, elle me dit :  ? J'ai été surprise, lors de mon dernier voyage à Paris, cette année, de voir tant de monde dans vos églises. C'est sans doute, à cause de la guerre ?  Trouvant cette réflexion aussi insolente que déplacée, je ripostai :  ? Moi, Madame, j'ai été bien plus surprise que vous en assistant hier au soir à un spectacle indigne d'un pays catholique comme le vôtre...

- Ah ! s'exclama mon interlocutrice, intriguée, et qu'avez-vous donc pu y voir ?  

- Simplement ceci.

Au Cabaret Chanteclair, que j'ai visité avec ma pianiste pour entendre des chansons espagnoles, j'ai vu sur la scène une femme entièrement nue, et cette femme était mise en loterie. Le prix du billet, que seuls, les hommes ont, paraît-il, le droit d'acheter, était de cinq pesetas. Et le gagnant de cet infect jeu, était autorisé à coucher avec cette femme, pour cinq pesetas ! Cela n'est-il point un peu plus surprenant que ce que vous avez pu voir en France ?  ? Est-ce possible ? me répondit la dame, en simulant le plus grand étonnement.  ? Mais certainement, Madame. Et il vous suffira, pour vous en convaincre, d'y envoyer quelqu'un, tel soir qui vous plaira. La même scène scandaleuse s'y répète invariablement à chaque séance. Je n'invente rien, mais je me permets de vous déclarer que, si peu bégueules et si peu tartuffes que nous soyons en France, ce sont là des mœurs que, soyez-en certaine, nous n'avons jamais tolérés et que nous ne tolérerons jamais !  Une porte s'ouvrit à ce moment ; c'était l'infante Louise qui me recevait. Il était temps, car cela allait se gâter entre la dame d'Espagne et moi !  Je rapportai ma discussion à l'infante, qui me répondit : "Cela ne me surprend pas. Je souffre, moi aussi, de toutes ces petites taquineries anti-françaises." Puis, changeant de conversation : "Vous allez, mademoiselle, chanter à la Cour ;  Sa Majesté se souvient très bien de vous. Elle sait ce que vous avez fait, et ce que vous faites encore pour votre pays. La Reine Eugénie et la Reine-mère Marie-Christine veulent vous entendre ; quant à moi, mademoiselle, j'en brûle d'envie, car vous allez me rappeler ma jeunesse en France !"  Ces paroles me procurèrent une émotion profonde. Je n'en revenais pas : j'allais chanter à la Cour d'Espagne, en pleine guerre !  Le concert, que je fus chargé de donner, devait être entièrement réservé à la Cour. Aucun représentant des pays étrangers n'y était admis.  A l'heure prescrite, Félicie Clory et moi, arrivions au Palais du Roi. Un suisse nous fit pénétrer dans le salon des glaces. Au bout de vingt-cinq minutes d'attente, comme personne ne venait, je commençais à me demander si nous ne nous étions pas trompés de jour. Je me disposais à regagner les couloirs du Palais, quand le Roi fit son entrée :  ? Comment, s'écria-t-il, on me dit que vous êtes là déjà depuis un grand moment ? - Oui, Sire, à peu près une demi-heure.  Alors, Sa Majesté de rire, et, avec bonhomie :  - Excusez-moi, je suis très mal servi  ! personne n'est plus mal servi que moi !... nous vous attendions. Voulez-vous prendre la peine de me suivre ?  Dans le salon où le Roi nous introduisit, il y avait une vingtaine de personnes : Sa Majesté la Reine-mère Marie-Christine, Sa Majesté la Reine Victoria Eugénie, l'Infante Louise d'Orléans, la tante du Roi, surnommée Niatta à cause de son nez écrasé ; derrière le Roi, des seigneurs et des dames de la cour, mais, par un sentiment dont je goûtai l'infinie délicatesse on avait pris la peine d'évincer la dame avec laquelle j'avais eu la petite altercation dont j'ai parlé plus haut.  Ce fut une très belle soirée, au cours de laquelle la France et ses chansons furent à l'honneur. La Cour applaudit beaucoup Le Bon Gîte de Paul Déroulède, La Terre de Jules Jouy, Les Mouchoirs de Cholet, ma fameuse Sérénade du Pavé. Le Roi et la Reine reprenaient en chœur des chansons à refrain que l'on m'avait prié d'ajouter à mon programme. Sa Majesté manifestait une joie débordante, presque anti-protocolaire, battant la mesure avec acharnement, distribuant mes chansons tout autour de lui, et chantant lui-même, d'une petite voix terne et fêlée, qui me fit m'écrier assez irrévérencieusement :

"- Mais, Majesté, vous chantez faux !" à quoi le bon Roi, sans paraître aucunement froissé par cette piquante critique, répondit le plus jovialement du monde :

" - Je le sais bien fichtre ! Je n'ai jamais pu sortir une note !"  

Les journaux parlèrent beaucoup de cette soirée ; et pour que j'en gardasse un souvenir éternel, la Reine me remit, avant mon départ, un bracelet en diamant, et son portrait revêtu d'une dédicace. L'Infante Louise m'adressa aussi une photographie d'elle que j'ai précieusement conservée.  Je ne puis conter, par le menu, les épisodes et les incidents de mon voyage en Espagne : j'ai dû lutter partout contre des adversaires qui se dissimulaient traîtreusement, sous des dehors trop aimables, et qui s'employaient à me faire subir les vexations les plus sombres, et, bien entendu, à déjouer mes plans. Combien de fois, ai-je dû protester, à Séville, à Madrid, à Barcelone, contre les directeurs d'école qui prétendaient vouloir m'interdire de chanter La Marseillaise ! A Saint-Sébastien, où j'avais également imposé notre chant français, dans les écoles et au Grand Hôtel, j'accomplis ma mission jusque dans le centre boche qui servait de ravitaillement aux sous-marins allemands. A Bilbao en rentrant à mon hôtel, après avoir rendu visite au Consul de France, je constatai que l'on avait fouillé de fond en comble mes bagages pour y découvrir, sans doute, le secret de ma présence en Espagne. Et puisqu'ils avaient voulu savoir pour le compte de qui je travaillais, ils n'eurent plus de doute possible : c'était bien pour la France !  Je rentrai, au mois de juin à Paris, heureuse de respirer l'air de notre pays et de retrouver mes chers blessés qui me reprochèrent ma longue absence.  ? Pourquoi nous avoir quittés, me demandaient- ils ? et maintenant, vous restez avec nous ?  Je leur répondais : oui, et je m'en voulais de leur mentir, car je savais que le Ministère des Affaires étrangères s'apprêtait à me demander de poursuivre ma mission, cette fois à travers les deux Amériques pour lesquelles je m'embarquai le 30 octobre 1917, sur le Paquebot Samara à destination de Rio de Janeiro.  Pendant les dix-huit mois que dura ma mission, je fis là-bas de nombreuses et intéressantes remarques sur l'âme américaine. J'avais déjà, lors de mon précédent voyage, avec Émile Defrance, noté certains traits, certaines particularités de mœurs du nouveau continent ; mais, soit que ma perspicacité fut moins affinée à cette époque, soit que je me montrasse, en temps de paix, plus indulgente à ses travers et à ses ridicules, l'humanité américaine ne m'inspira pas les sévères méditations auxquelles je me livrai sur son compte pendant la guerre. Je me fais un plaisir de les livrer ici tout entières.  Je fus d'abord frappée par ceci : que la majeure partie du public qui fréquentait les salles de théâtre était composée de femmes américaines. L'élément masculin n'était représenté au théâtre que par une poignée de français, lesquels assistaient avec d'autant plus de ponctualité et d'intérêt à mes représentations que je chantais toujours mes chansons dans la langue de notre pays ; mais, je le répète, l'absence d'auditeurs et de spectateurs du sexe masculin fut un de mes premiers étonnements. J'appris bientôt que la coutume exigeait qu'il en fut ainsi. Et j'en trouvai la cause et la raison d'être dans ce fait que les américains, pour la plupart, ignorent la langue française et qu'ils préfèrent au théâtre et à la chanson le vacarme des cabarets dancing ou le spectacle bariolé des music-hall.  Il n'en est point de même pour leurs compagnes les américaines sont très éprises de littérature française, parlent notre langue avec une correction parfaite, sont très informées de tout ce qui se passe en France, dans le domaine du théâtre, des arts et des lettres ; et, quotidiennement, elles fréquentent avec assiduité des cercles fermés où elles sont admises, à l'exclusion de leurs époux, et où, du matin au soir, elles dévorent les plus célèbres romanciers de l'Europe Occidentale.  Il est vraiment savoureux de constater avec quelle tranquille désinvolture elles agissent en toutes circonstances sans l'aide ni l'autorisation de leurs maris. L'américain du Nord semble d'ailleurs sur ce point en complet accord avec sa partenaire conjugale, et il n'apparaît pas qu'il ait la moindre velléité de lui interdire une liberté qu'il s'accorde d'ailleurs à lui-même, au profit de ses plaisirs coûteux et de ses affaires rémunératrices.

Celles-ci compensent évidemment ceux-là. Si les rudes alcools, les fins tabacs et les danseuses nues grèvent considérablement le budget des maris américains, les entreprises commerciales, industrielles et financières, l'exploitation des mines de cuivre et de diamant, les docks de charbon et de pétrole, les fabriques d'automobiles et de conserves de toutes sortes, les aciéries, remplissent leurs portefeuilles au-delà de ce que vous pouvez croire. Les fortunes sont, chez eux, colossales, prodigieuses, extravagantes, insolentes, et elles expliquent que les dignes épouses aux colliers fabuleux, aux mâchoires d'or et aux jambes gainées de super-soie, puissent se payer la volupté de ne rien faire, ou, plus exactement, le luxe de faire ce qui leur convient. Si les femmes goûtent un peu moins chez nous, ce farniente, c'est qu'elles sont un peu plus occupées à ravauder leurs bas et à faire cuire cet honnête pot-au-feu que nos bons pères de famille aiment à partager le soir, après une journée laborieuse, dans la douce intimité du home familial. Il faut le reconnaître, et il faut le dire, parce que cela est tout à notre honneur  : c'est surtout en France que règne la plus grande moralité, l'amour du foyer dans toute sa simplicité robuste, dans toute sa beauté loyale, et c'est encore chez nous que l'on a ? en dépit de la vague de mercantilisme et d'affairomanie apportés ici par les nouveaux métèques d'après guerre, ? conservé cet esprit de probité, de sacrifice et de travail qui a toujours été la caractéristique de notre race. On a raconté beaucoup d'horreurs et répandu un nombre incalculable d'histoires scabreuses et sales sur le compte des françaises pendant la guerre ; et, s'il est vrai qu'il y eut quelques mères indignes, quelques épouses infidèles, quelques femmes ayant trahi leurs serments, par faiblesse ou par vice, par lassitude ou par ennui, ou parce que la faim les égarait dans les sentiers de la débauche et de la prostitution, elles furent, par contre, innombrables, celles qui, avec une sublime patience, luttèrent et souffrirent dans l'attente de l'être adoré et dans l'espoir de son triomphal retour ! Cela, nous le savons aujourd'hui, mais il y a encore des soi-disant moralistes qui osent douter de la vertu de la femme française ! Et ma fureur ne fut pas mince, je vous l'assure, lorsque au pays du dollar et de la vertu, ces dames portèrent devant moi des jugements répugnants sur le compte des françaises ! Combien de fois je les entendis nous traiter de coquettes, de vicieuses et de dévergondées ! Cependant, toute leur vertu à elles, réside dans leur hypocrisie ! Avec leurs airs prudes, leurs mines effarouchées, leurs becs minces, leurs yeux froids, leur élégance austère et lourde, elles s'efforcent de donner le change, et elles sont cent fois plus corrompues et plus méprisables que toutes celles qu'elles s'efforcent de ridiculiser et de salir ! Ah ! qu'on ne vienne plus me parler de la propreté de leur âme, non plus que de celle de leurs corps  ! J'ai vécu auprès d'elles, chez elles, et je suis fixée là-dessus. Leur salle de bains et leur lavabo, pourvus de tout le confort moderne, leur servent à un usage bien différent de celui auquel ils sont destinés. Elles se passent juste une goutte d'eau, le matin, sur le bout du nez, mais l'aménagement superbe de ces lieux leur permet d'y recevoir leurs "gigolos" sans éveiller les soupçons de leurs maris absents qui, pour ne pas en perdre l'habitude, quels que soient la saison, le temps on les événements, se saoulent au whisky dans les boîtes de nuit, jusqu'à rouler par terre, sous les banquettes où, à l'aube, les garçons les ramassent convenablement et les jettent dans la première auto venue ! A vrai dire, je n'ai jamais vu plus de honteuses orgies que dans les restaurants nocturnes de la pudique Amérique, aussi bien dans celle du Nord que dans celle du Sud !  Les américaines qui ne voient dans les françaises que des créatures de stupre et des catins de bas étage, vivent dans une perpétuelle folie de la chair. Elles recherchent les aventures les plus faisandées et n'hésitent point, non seulement à offrir leur imprenable vertu, mais encore à acquitter, s'il le faut, le prix des petits frissons que leur procure un greluchon imberbe et calamistré, voire même une fille de Lesbos ! A un déjeuner auquel le Consul de France, M. Julien Neltner m'avait conviée, un officier français de passage en Amérique, et se rendant en Russie, me fit ses confidences. Il m'apprit qu'une américaine, rencontrée dans un thé-dancing l'avait accaparé et qu'il ne pouvait s'en désaglutiner ; elle voulait tout planter là, propriété, famille, domestiques, mari, pour le suivre en Russie. "Venez donc tantôt, prendre le thé avec nous me suppliait-il ! Tâchez de la raisonner, de lui faire entendre que je ne puis accepter qu'elle m'accompagne dans ce voyage... Elle vous connaît, vous a entendu chanter et a de l'admiration pour vous... vous allez peut-être réussir  !" Cette histoire m'amusait beaucoup, et je consentis à intervenir en faveur de cette victime... de l'amour américain ! Je me montrai aussi persuasive et aussi éloquente que possible. Mes efforts ne servirent de rien. La vertueuse américaine partit avec M. X... de la Maison Cartier, rue de la Paix, à Paris !

Et je me souviens encore de cette autre anecdote, bien caractéristique de la fausse pudeur américaine... et de la sincérité française. Cela se passait à Buenos Ayres en 1913. Monseigneur le Duc Philippe d'Orléans, étant de passage dans cette ville, le Jockey-Club, qui donnait une grande soirée, songea à inviter l'illustre voyageur ; mais celui-ci, bien qu'il fut, à la connaissance de tous, accompagné d'une femme charmante, ne reçut qu'une invitation personnelle. Il renvoya le bristol en donnant comme raison qu'il ne voyageait jamais seul. Cette histoire fit beaucoup de bruit à Buenos Ayres, où les esprits pudibonds s'offusquèrent d'une telle réponse, et Monseigneur eut une très mauvaise presse ! Les grands journaux se chargèrent de le morigéner au sujet de son attitude scandaleuse. Songez donc, une maîtresse officielle ! Quelle honte ! mais eux, les Messieurs d'Amérique du Sud s'acagnardent des journées entières dans les Maisons de pension ! C'est ainsi que, par un délicieux euphémisme, on nomme là-bas les maisons closes. Il y en a dans tous les quartiers, à toutes les bornes, à tous les coins de rue. L'Amérique du Sud est inondée de maisons de pension.

Ah ! non, qu'on ne vienne plus me parler de la vertu Américaine ! sauf bien entendu à quelques rares exceptions.

Je donnai le 1er mai 1919 ma soirée d'adieu à San Francisco, avec mon camarade André Ferrier et sa charmante compagne qui firent un si grand bien au théâtre français à l'étranger. Le Professeur Paul Ferriol présenta le spectacle La Cinquantaine de Courteline et Paul Delmet, en anglais et joua, avec beaucoup d'esprit, un rôle dans la pièce. Je quittai San Francisco pour New-York où je fus reçue par notre consul M. Goiran. Au Brévoort le 16 mai, nous organisâmes une soirée gratuite sous sa présidence, devant les attachés militaires et civils en mission. J'y lus une admirable causerie écrite par Maurice Donnay et Georges Cain sur nos héros français. Jusqu'à fin juin, je portai ainsi la bonne chanson à New-York. Le 2 juillet je m'embarquai sur le paquebot La Touraine, et je rentrai en France, juste à temps pour assister au défilé de la Victoire.


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