Plan de La Scala 1874



Affiches

1874

1885                              1890


La Scala vers 1900 / 1902



Affiche 1904



La Scala en 1906


Affiches 1906



Affiche 1908



Voir également à Affiches







La Scala en 2016
(© Frédéric Biessy - 2016)

La Scala

Comme nous le disions dans une page précédente, sur une période qui s'étend sur plus de soixante-dix ans, avec l'Alcazar d'Été, le Café des Ambassadeurs, l'Empire, l'Européen, (plus deux ou trois autres cafés-concerts ou music-halls), La Scala aura été et demeurera longtemps un des endroits mythiques consacrés à la chanson. Au plus fort de leur gloire, dans les années soixante-quinze et quatre vingt dix (1875-1890) tous les grands interprètes de l'époque montèrent sur ses planches, au n° 13 du boulevard de Strasbourg (10ème).

Parlons un peu de son histoire...

D'après André Sallée et Philippe Chauveau (Music-Hall et Café-Concert, Bordas, 1985 - Voir à Bibliographie) l'établissement naquit en 1787 sous le nom de Cheval Blanc, l'auberge d'un certain Gauthier pour être précis ! Avec le temps (et la mode !) tables et chaises sortent sous les tonnelles, des musiciens (violons, flûte et basse) prennent place sur une estrade improvisée. Nous sommes en 1857 et l'auberge devient un café-chantant ! On y entend, la même année, Mademoiselle Agar.

Dix-sept ans plus tard, la veuve de Roisin (propriétaire de l'Élysée-Montmartre) remplace ce vieil établissement par La Scala, une salle de plus de trois cents mètres carrés, à plafond mobile [1] et surmontée d'une coupole de verre, pouvant accueillir 1 400 personnes. Inauguration en 1878 (avec une revue), soit vingt ans après son vis-à-vis (et néanmoins concurrent) l'Eldorado. Et cette année là, Paulus, le "grand" Paulus, celui qui allait devenir la première "star" de la chanson française, se brouille avec Monsieur Renard, [1] directeur de l'Eldorado, et traverse la rue !
Il y créera, en 1886, le "tube" absolu : "En revenant de la revue" !

Des "tubes" dites-vous ? Eh, oui ! C'est aussi à La Scala que Mayol - l'autre "grande star" de la chanson française, - fera entendre pour la toute première fois, en 1902, son célèbrissime "Viens, Poupoule !" suivi, trois ans plus tard, de la non moins célèbrissime "Matchiche".

Des "stars" dites-vous ? Certes ! On y verra et entendra Fragson, Dranem, Polin, Mistinguett, Yvette Guilbert, Georgius, Fréhel, Damia...

... et puis les... Amiati, Baldy, Louise Balthy, Jeanne Bloch, Él?onore Bonnaire, Paula Brébion, Aristide Bruant, Eugénie Buffet (dans une pièce de théâtre), Caudieux, Claudius, Paulette Darty, Max Dearly, Dufleuve, Florence Duparc, Florelle, Fortugé, Germaine Gallois, Anna Held, Kam-Hill, Adeline Lanthenay, Esther Lekain, Victor Lejal, Mercadier, Éloi Ouvrard, Polaire, Reschal, Saint-Granier, Sinoël, Sulbac, Alice de Tender, Anna Thibaud, Lina Tyber, Mademoiselle Zélia, pour ne citer qu'eux.

Mais, revenons à l'histoire. Dirigée par M. Vergeron [2] pour le compte de Marie-Reine Rameau (Madame veuve Roisin), La Scala vit des heures cahotiques d'avril à novembre 1874 avant qu'on ne lise qu'elle va rouvrir sous la direction de M. Bossy [3] puis M. Léon Bienvenu est annoncé comme gérant en juin 1876 [4]. La Scala passe ensuite (1894) à M. et Mme Allemand (limonadiers arrivés de Marseille et déjà propriétaires de l'Eldorado [5]) puis (1895) au gendre de ces derniers, Édouard Marchand [6] puis (1909) à sa veuve Mme Marchand.

André Barde, en devient le secrétaire en janvier 1900, M. Mérot, directeur en 1906, Fursy, directeur en 1909 (à la mort de Marchand) et jusqu'en 1914 [7].

En 1916, on y donne le vaudeville, en 1926 on modernise, on y re?oit Raimu, Dranem, Fréhel, Georgius et Damia en 1934.

En 1936, le cinéma s'en empare moyennant un lifting Art déco par l'architecte Maurice Gridaine. (1 000 places !)

La Scala en 1936 - Projection du film Un mauvais gar?on de Jean Boyer (1936) avec notamment Henri Garat et Danielle Darrieux - Musique de Georges Van Parys (qui, par ailleurs, interprète le cadet Feutrier).

En 1977, on le divise en cinq salles pour y projeter des "films pour adultes".

En 1999, on le ferme ! [8]

La Scala en 1977...

...et ce qu'il en reste en 2011

Funeste destin d'un lieu mythique du divertissement parisien qui finit, un si?cle plus tard, en cinéma leste (sic) pour une poignée d'années avant d'être complètement abandonné...
Mais pas tout à fait !...


Le renouveau !

Depuis deux mois, La Scala a un nouveau propriétaire... deux même ! Mélanie et Frédéric Biessy.
Le couple va faire de l'ancien café-concert, ancien théâtre et ancien cinéma, un théâtre de 550 places, au rapport frontal, entièrement transformable, dont les caractéristiques techniques n'auront rien à envier aux Ateliers Berthier (la deuxième salle de l'Odéon) mais dont le charme sera comparable à celui des Bouffes du Nord à Paris ou du Harvey Theatre à NYC.

La Scala revient à l'art scénique ! Excellente nouvelle, non ?

Projet La Scala 2018 (© Frédéric Biessy - 2016)

Plus d'informations en suivant ce lien et celui-là.


Notes :
[1] Voir Trente ans de Café-concert, les mémoires de Paulus chapitre 21.
[2] La Bibliographie contemporaine du 1er mai 1874 - B.N.F. Gallica.
[3] Le Tintamarre du 24 octobre 1875 - B.N.F. Gallica.
[4] Le Tintamarre du 11 juin 1876 - B.N.F. Gallica.
[5] Voir La chanson de ma vie, les mémoires d'Yvette Guilbert chapitre 8.
[6] Voir La chanson de ma vie, les mémoires d'Yvette Guilbert chapitre 19.
[7] Voir à la fiche biographique de Fursy.
[8] Et les péripéties commencent ! Le producteur de cinéma Maurice Tinchant voulait en faire une salle d'art et d'essai... mais un mouvement christianiste évangélique brésilien, (sic) voulant en faire un lieu de culte, a emporté le marché ! Levée de boucliers du quartier ! La Mairie de Paris freine des quatre fers et veut y construire des logements et une pépinière d'entreprises (Journal Le Parisien du 7 novembre 2009). Et rien n'a bougé jusqu'en février dernier.


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